Aller au contenu
Mes successions
Barèmes vérifiés le 05/10/2026 · Mis à jour le 05/10/2026

Sans enfant : à qui ira votre patrimoine

Cet outil s'adresse à la personne qui n'a pas d'enfant et qui veut savoir où irait ce qu'elle possède. Il indique d'abord qui hériterait d'après la loi, si rien n'est écrit, et ce que recevrait chacun une fois les droits de succession payés. Il calcule ensuite la répartition que vous saisissez, entre des proches, un partenaire ou un organisme, et place les deux résultats côte à côte. Le calcul applique les règles et les barèmes de 2026.

Calcul effectué dans votre navigateur Aucun email requis Gratuit, sans compte Résultat immédiat, PDF inclus

1. Ma situation

« Sans conjoint ni partenaire » : célibataire, divorcé ou veuf. Une personne séparée de son époux sans être divorcée choisit « Marié ».

Les demi-frères et demi-sœurs comptent comme les frères et sœurs.

2. Ce que je possède

Biens immobiliers, comptes, placements et autres biens à votre nom, moins vos dettes. Marié, ou propriétaire à plusieurs : seule votre part est à compter. L'assurance-vie se saisit à part, ci-dessous.

J'ai aussi un contrat d'assurance-vie

Le capital d'une assurance-vie est versé aux bénéficiaires désignés dans le contrat, en dehors de la succession. Sa part se saisit, pour chaque bénéficiaire, au bloc 3.

Le montant des versements seuls, sans les intérêts qu'ils ont produits.

3. Si je décide : la répartition de mon choix

Indiquez à qui vous attribueriez votre succession, en pourcentage. Ce que vous n'attribuez pas revient à vos héritiers selon la loi. Aucun nom de personne ni d'organisme n'est demandé.

Sans enfant ne veut pas dire sans héritier

La personne qui dit « je n'ai pas d'héritier » veut le plus souvent dire qu'elle n'a pas d'enfant. La loi, elle, désigne presque toujours quelqu'un : le conjoint marié, le père et la mère, les frères et sœurs et leurs descendants, puis les autres ascendants, puis les oncles, tantes et cousins jusqu'au sixième degré (Code civil art. 734 et 745). Chaque catégorie n'est appelée que si la précédente est vide, et dans chaque catégorie le parent le plus proche en degré l'emporte (art. 744).

Votre situationQui hérite, sans testamentCode civil
Marié, père et mère en vieLe conjoint pour la moitié, le père et la mère pour un quart chacunart. 757-1
Marié, un seul parent en vieLe conjoint pour les trois quarts, le parent pour un quartart. 757-1
Marié, parents décédésLe conjoint pour la totalitéart. 757-2
Non marié, des parents et des frères et sœursChaque parent en vie pour un quart ; les frères et sœurs, ou leurs descendants, pour le resteart. 738
Non marié, des parents, ni frère ni sœurLe père et la mère, chacun pour moitié ; s'il n'en reste qu'un, il reçoit tout, ou la moitié lorsqu'il existe des ascendants dans l'autre brancheart. 736 et 738-1
Non marié, parents décédés, des frères et sœursLes frères et sœurs pour la totalité ; les enfants d'un frère ou d'une sœur décédé viennent à sa placeart. 737 et 752-2
Ni parents, ni frère, ni sœur, ni neveuLes grands-parents et autres ascendants ; à défaut, les oncles, tantes et cousins jusqu'au sixième degré, avec un partage par moitié entre les deux branches de la familleart. 739, 740 et 745 à 750
Aucun parent jusqu'au sixième degréL'État, à défaut de légataireart. 724 et 811

« Non marié » couvre la personne pacsée, en concubinage ou seule : le partenaire de Pacs et le concubin ne figurent dans aucune ligne, parce qu'ils ne sont pas héritiers. Les règles propres à chaque forme d'union sont détaillées dans le guide époux, pacsé ou concubin ; la succession vacante, la déshérence et les héritiers éloignés dans le guide succession sans héritier.

Ce qu'un testament permet de changer

À défaut de descendant et de conjoint marié, un testament peut disposer de la totalité des biens (Code civil art. 916) : ni le père et la mère, ni les frères et sœurs n'ont de part réservée. En présence d'un conjoint marié, un quart des biens lui est réservé (art. 914-1). Le père et la mère conservent, dans la limite de leur part, un droit de retour sur les biens qu'ils avaient donnés (art. 738-2).

L'outil raisonne en pourcentages de la succession ; il ne calcule pas le legs d'un bien ou d'une somme déterminés. Sauf disposition contraire du testament, chaque légataire paie les droits dus sur ce qu'il reçoit (art. 1016). Un legs devient caduc si son bénéficiaire décède avant l'auteur du testament (art. 1039). Les formes du testament, son dépôt et sa révocation sont décrits dans le guide faire un testament.

Les droits de succession selon le bénéficiaire

Les droits se calculent bénéficiaire par bénéficiaire, sur ce que chacun reçoit, après un abattement qui dépend de son lien avec le défunt (CGI art. 777, 779 et 788).

BénéficiaireAbattementTarif
Conjoint marié, partenaire de Pacs—Exonéré (art. 796-0 bis)
Père, mère, grands-parents100 000 €Barème progressif de 5 % à 45 %
Frère, sœur15 932 €35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà
Neveu, nièce7 967 €55 %
Oncle, tante, cousin germain, petit-neveu (parents jusqu'au quatrième degré)1 594 €55 %
Parent plus éloigné, concubin, ami1 594 €60 %
Organisme exonéré (art. 795)—Exonéré
Organisme non exonéré, hors établissement public ou d'utilité publique1 594 €60 %

Un frère ou une sœur célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, âgé de plus de cinquante ans ou infirme, et domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès, est exonéré (CGI art. 796-0 ter) : l'outil n'applique pas cette exonération. Le régime d'un organisme dépend de son statut et de son objet ; les trois cas — exonération, tarif des frères et sœurs pour un établissement public ou d'utilité publique non exonéré, 60 % pour les autres — sont décrits dans le guide legs à une association. Le détail des tranches figure sur la page barème et abattements 2026.

L'assurance-vie, en dehors de la succession

Le capital d'une assurance-vie payable à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession (code des assurances art. L132-12) : il lui est versé, avec ou sans testament. Pour les sommes issues de primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, puis un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 € de part taxable, et de 31,25 % au-delà (CGI art. 990 I). Les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté, après un abattement de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires (art. 757 B) ; les intérêts qu'elles ont produits sont exonérés.

Le conjoint marié et le partenaire de Pacs ne supportent ni le prélèvement ni ces droits (art. 796-0 bis). Un organisme exonéré par l'article 795 n'est pas soumis au prélèvement (art. 990 I) ; l'outil le tient aussi pour exonéré sur les primes versées après 70 ans, point à faire confirmer par l'assureur ou par un notaire. Un contrat conclu sans bénéficiaire désigné fait partie de la succession (code des assurances art. L132-11). Le simulateur d'assurance-vie détaille le calcul par bénéficiaire.

Deux exemples chiffrés

Une personne sans conjoint, une sœur et deux neveux

Ses parents sont décédés ; elle a une sœur, et un frère décédé qui a laissé deux enfants. Son patrimoine, dettes déduites, est de 300 000 €.

Ouvrir ce calcul dans l'outil.

Une personne pacsée, sa mère et un frère

Son patrimoine, dettes déduites, est de 400 000 €.

Ouvrir ce calcul dans l'outil.

Dans ces exemples, 1 500 € de frais funéraires sont déduits pour le calcul des droits (CGI art. 775) et les droits sont arrondis à l'euro par personne.

Ce que cet outil ne calcule pas

Cet outil applique, d'un côté, la répartition prévue par la loi en l'absence de testament et, de l'autre, les pourcentages que vous saisissez. Il ne calcule pas le legs d'un bien ou d'une somme déterminés, ni le legs « net de frais et de droits », par lequel le testament met les droits d'un légataire à la charge d'un autre. Il ne tient pas compte des donations faites depuis moins de quinze ans, de l'abattement prévu pour un héritier ou un légataire handicapé, de l'exonération de l'article 796-0 ter, ni du tarif des frères et sœurs applicable à un établissement public ou d'utilité publique non exonéré. Le partage par moitié entre la branche paternelle et la branche maternelle, le cas de l'article 738-1 du Code civil et les droits de retour des articles 738-2 et 757-3 sont signalés dans le résultat, sans être calculés.

Il ne modélise pas le contrat de mariage : pour un bien commun, seule votre part est à compter. Sont hors calcul la donation de son vivant, que chiffre le simulateur de droits de donation (l'abattement de 1 594 € ne s'applique qu'aux successions), le démembrement de propriété, l'adoption simple, dont la prise en compte fiscale est soumise à conditions (CGI art. 786), la société, l'entreprise, le plan d'épargne retraite et les biens situés à l'étranger. Les frais de notaire ne sont pas compris : le simulateur de frais de notaire en donne une estimation. Les exonérations particulières de droits de succession prévues à l'article 796 du CGI relèvent du notaire. Le résultat est une estimation indicative : il ne remplace ni le conseil ni l'acte d'un notaire.

Questions fréquentes

Je n'ai pas d'héritier : que devient mon patrimoine ?

Ne pas avoir d'enfant ne signifie pas ne pas avoir d'héritier. La loi appelle le conjoint marié, le père et la mère, les frères et sœurs et leurs descendants, puis les autres ascendants et les oncles, tantes et cousins jusqu'au sixième degré (Code civil art. 734 à 745 et 757-1). La succession n'est acquise à l'État qu'en l'absence de tout héritier et de tout légataire (art. 724) ; l'État doit alors en demander l'envoi en possession au tribunal (art. 811).

Qui hérite de moi si je n'ai pas d'enfant ?

Si vous êtes marié, votre conjoint reçoit toute la succession, ou la moitié si votre père et votre mère sont en vie, chacun d'eux recevant un quart, ou les trois quarts si un seul est en vie (Code civil art. 757-1 et 757-2). Si vous n'êtes pas marié, chacun de vos parents en vie reçoit un quart et vos frères et sœurs, ou leurs descendants, le reste (art. 738) ; sans frère ni sœur, vos parents reçoivent tout (art. 736) ; sans parent, vos frères et sœurs reçoivent tout (art. 737). Le partenaire de Pacs et le concubin ne sont pas héritiers.

Puis-je tout léguer à un ami ?

Oui si vous n'êtes pas marié : à défaut de descendant et de conjoint, un testament peut disposer de la totalité des biens (Code civil art. 916). Si vous êtes marié, un quart est réservé à votre conjoint et les legs ne peuvent dépasser les trois quarts (art. 914-1). Ce que reçoit une personne sans lien de parenté est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 € (CGI art. 777 et 788).

Mes frères et sœurs ont-ils une part réservée ?

Non. La réserve héréditaire ne protège que les descendants et, à défaut de descendant, le conjoint marié (Code civil art. 912, 913 et 914-1). Les frères et sœurs, les neveux et les nièces peuvent être écartés par testament. Le père et la mère ne sont pas davantage réservataires ; ils peuvent seulement reprendre, dans la limite de leur part, les biens qu'ils avaient donnés (art. 738-2).

Mon partenaire de Pacs ou mon concubin hérite-t-il de moi ?

Non, sans testament : ni le partenaire de Pacs ni le concubin ne sont héritiers. Le partenaire de Pacs dispose seulement de la jouissance gratuite du logement commun pendant un an (Code civil art. 515-6 et 763). Par testament, le partenaire de Pacs peut tout recevoir sans droits de succession (CGI art. 796-0 bis) ; ce que reçoit un concubin est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 € (art. 777 et 788).

Que faut-il pour que ma succession ne revienne pas à l'État ?

L'État ne recueille une succession qu'à défaut d'héritier et de légataire (Code civil art. 724). Lorsqu'il n'existe aucun parent jusqu'au sixième degré, un testament qui désigne un ou plusieurs légataires, personnes ou organismes, suffit. Le testament olographe est écrit en entier, daté et signé de la main de son auteur (art. 970) ; le testament authentique est reçu par deux notaires, ou par un notaire assisté de deux témoins (art. 971).

Voir toutes les questions fréquentes →

Barèmes vérifiés le 05/10/2026. Textes consolidés lus sur Légifrance le 05/10/2026 : Code civil art. 515-6, 724, 734, 736, 737, 738, 738-1, 738-2, 739, 740, 744, 745, 747, 749, 752-2, 757-1, 757-2, 757-3, 763, 811, 912, 914-1, 916, 970, 971, 1003, 1010, 1014, 1016, 1025, 1039 ; code des assurances art. L132-11, L132-12 ; CGI art. 757 B, 775, 777, 779, 786, 788, 795, 796-0 bis, 796-0 ter, 990 I. BOFiP lu le 05/10/2026 : BOI-ENR-DMTG-10-50-20 (version du 24/05/2023, abattements), BOI-ENR-DMTG-10-50-80 (version du 30/06/2022, § 330 et 390 : représentation en ligne collatérale, legs et assurance-vie d'un même bénéficiaire) et BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (version du 30/03/2023, § 210 et suivants : répartition de l'abattement de 30 500 €). Recoupement le même jour sur service-public.gouv.fr — fiche F14198 (droits de succession, vérifiée le 09/02/2026) ; fiche F1632 (succession d'une personne sans enfant, vérifiée le 06/08/2025) ; fiche F1621 (décès du partenaire de Pacs, vérifiée le 16/06/2026) ; fiche F904 (union libre, vérifiée le 27/04/2026) — et sur impots.gouv.fr, « Je suis bénéficiaire d'une assurance-vie, comment sont imposées les primes ? » (page modifiée le 04/07/2022). Aucune divergence relevée entre ces sources sur les chiffres utilisés. Points reposant sur une lecture du site : l'exonération d'un organisme de l'article 795 sur les primes d'assurance-vie versées après 70 ans (l'article vise les dons et legs ; le BOFiP étend la solution à « toutes les situations où un bénéficiaire est exonéré de droits de mutation par décès ») ; l'imputation de l'abattement personnel d'abord sur la part de succession, ensuite sur ces primes ; l'hypothèse que les bénéficiaires saisis sont d'autres personnes que les héritiers du reste non attribué. Formules : sources et méthodologie.

Pages liées. Le guide succession sans héritier (ordre des héritiers, succession vacante, déshérence) ; legs à une association ; faire un testament ; pour la personne qui a des enfants, si je décède : ce que reçoivent mes enfants.

Rédigé et vérifié par Nathan Penin, éditeur de messuccessions.fr. Règles et barèmes recoupés sur au moins deux sources officielles, sauf mention contraire (sources et méthodologie) · page mise à jour le 05/10/2026.