Sans enfant : à qui ira votre patrimoine
Cet outil s'adresse à la personne qui n'a pas d'enfant et qui veut savoir où irait ce qu'elle possède. Il indique d'abord qui hériterait d'après la loi, si rien n'est écrit, et ce que recevrait chacun une fois les droits de succession payés. Il calcule ensuite la répartition que vous saisissez, entre des proches, un partenaire ou un organisme, et place les deux résultats côte à côte. Le calcul applique les règles et les barèmes de 2026.
1. Ma situation
« Sans conjoint ni partenaire » : célibataire, divorcé ou veuf. Une personne séparée de son époux sans être divorcée choisit « Marié ».
Les demi-frères et demi-sœurs comptent comme les frères et sœurs.
En présence d'un conjoint marié, les frères et sœurs n'héritent pas : ils ne sont pas demandés.
2. Ce que je possède
Biens immobiliers, comptes, placements et autres biens à votre nom, moins vos dettes. Marié, ou propriétaire à plusieurs : seule votre part est à compter. L'assurance-vie se saisit à part, ci-dessous.
J'ai aussi un contrat d'assurance-vie
Le capital d'une assurance-vie est versé aux bénéficiaires désignés dans le contrat, en dehors de la succession. Sa part se saisit, pour chaque bénéficiaire, au bloc 3.
Le montant des versements seuls, sans les intérêts qu'ils ont produits.
3. Si je décide : la répartition de mon choix
Indiquez à qui vous attribueriez votre succession, en pourcentage. Ce que vous n'attribuez pas revient à vos héritiers selon la loi. Aucun nom de personne ni d'organisme n'est demandé.
Sans enfant ne veut pas dire sans héritier
La personne qui dit « je n'ai pas d'héritier » veut le plus souvent dire qu'elle n'a pas d'enfant. La loi, elle, désigne presque toujours quelqu'un : le conjoint marié, le père et la mère, les frères et sœurs et leurs descendants, puis les autres ascendants, puis les oncles, tantes et cousins jusqu'au sixième degré (Code civil art. 734 et 745). Chaque catégorie n'est appelée que si la précédente est vide, et dans chaque catégorie le parent le plus proche en degré l'emporte (art. 744).
| Votre situation | Qui hérite, sans testament | Code civil |
|---|---|---|
| Marié, père et mère en vie | Le conjoint pour la moitié, le père et la mère pour un quart chacun | art. 757-1 |
| Marié, un seul parent en vie | Le conjoint pour les trois quarts, le parent pour un quart | art. 757-1 |
| Marié, parents décédés | Le conjoint pour la totalité | art. 757-2 |
| Non marié, des parents et des frères et sœurs | Chaque parent en vie pour un quart ; les frères et sœurs, ou leurs descendants, pour le reste | art. 738 |
| Non marié, des parents, ni frère ni sœur | Le père et la mère, chacun pour moitié ; s'il n'en reste qu'un, il reçoit tout, ou la moitié lorsqu'il existe des ascendants dans l'autre branche | art. 736 et 738-1 |
| Non marié, parents décédés, des frères et sœurs | Les frères et sœurs pour la totalité ; les enfants d'un frère ou d'une sœur décédé viennent à sa place | art. 737 et 752-2 |
| Ni parents, ni frère, ni sœur, ni neveu | Les grands-parents et autres ascendants ; à défaut, les oncles, tantes et cousins jusqu'au sixième degré, avec un partage par moitié entre les deux branches de la famille | art. 739, 740 et 745 à 750 |
| Aucun parent jusqu'au sixième degré | L'État, à défaut de légataire | art. 724 et 811 |
« Non marié » couvre la personne pacsée, en concubinage ou seule : le partenaire de Pacs et le concubin ne figurent dans aucune ligne, parce qu'ils ne sont pas héritiers. Les règles propres à chaque forme d'union sont détaillées dans le guide époux, pacsé ou concubin ; la succession vacante, la déshérence et les héritiers éloignés dans le guide succession sans héritier.
Ce qu'un testament permet de changer
À défaut de descendant et de conjoint marié, un testament peut disposer de la totalité des biens (Code civil art. 916) : ni le père et la mère, ni les frères et sœurs n'ont de part réservée. En présence d'un conjoint marié, un quart des biens lui est réservé (art. 914-1). Le père et la mère conservent, dans la limite de leur part, un droit de retour sur les biens qu'ils avaient donnés (art. 738-2).
- Le legs universel porte sur la totalité des biens, au profit d'une ou de plusieurs personnes (art. 1003).
- Le legs à titre universel porte sur une quote-part — la moitié, un tiers — ou sur tous les immeubles, ou sur tout le mobilier (art. 1010).
- Le legs particulier porte sur un bien ou sur une somme déterminés (art. 1010 et 1014).
L'outil raisonne en pourcentages de la succession ; il ne calcule pas le legs d'un bien ou d'une somme déterminés. Sauf disposition contraire du testament, chaque légataire paie les droits dus sur ce qu'il reçoit (art. 1016). Un legs devient caduc si son bénéficiaire décède avant l'auteur du testament (art. 1039). Les formes du testament, son dépôt et sa révocation sont décrits dans le guide faire un testament.
Les droits de succession selon le bénéficiaire
Les droits se calculent bénéficiaire par bénéficiaire, sur ce que chacun reçoit, après un abattement qui dépend de son lien avec le défunt (CGI art. 777, 779 et 788).
| Bénéficiaire | Abattement | Tarif |
|---|---|---|
| Conjoint marié, partenaire de Pacs | — | Exonéré (art. 796-0 bis) |
| Père, mère, grands-parents | 100 000 € | Barème progressif de 5 % à 45 % |
| Frère, sœur | 15 932 € | 35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà |
| Neveu, nièce | 7 967 € | 55 % |
| Oncle, tante, cousin germain, petit-neveu (parents jusqu'au quatrième degré) | 1 594 € | 55 % |
| Parent plus éloigné, concubin, ami | 1 594 € | 60 % |
| Organisme exonéré (art. 795) | — | Exonéré |
| Organisme non exonéré, hors établissement public ou d'utilité publique | 1 594 € | 60 % |
Un frère ou une sœur célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, âgé de plus de cinquante ans ou infirme, et domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès, est exonéré (CGI art. 796-0 ter) : l'outil n'applique pas cette exonération. Le régime d'un organisme dépend de son statut et de son objet ; les trois cas — exonération, tarif des frères et sœurs pour un établissement public ou d'utilité publique non exonéré, 60 % pour les autres — sont décrits dans le guide legs à une association. Le détail des tranches figure sur la page barème et abattements 2026.
L'assurance-vie, en dehors de la succession
Le capital d'une assurance-vie payable à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession (code des assurances art. L132-12) : il lui est versé, avec ou sans testament. Pour les sommes issues de primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, puis un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 € de part taxable, et de 31,25 % au-delà (CGI art. 990 I). Les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté, après un abattement de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires (art. 757 B) ; les intérêts qu'elles ont produits sont exonérés.
Le conjoint marié et le partenaire de Pacs ne supportent ni le prélèvement ni ces droits (art. 796-0 bis). Un organisme exonéré par l'article 795 n'est pas soumis au prélèvement (art. 990 I) ; l'outil le tient aussi pour exonéré sur les primes versées après 70 ans, point à faire confirmer par l'assureur ou par un notaire. Un contrat conclu sans bénéficiaire désigné fait partie de la succession (code des assurances art. L132-11). Le simulateur d'assurance-vie détaille le calcul par bénéficiaire.
Deux exemples chiffrés
Une personne sans conjoint, une sœur et deux neveux
Ses parents sont décédés ; elle a une sœur, et un frère décédé qui a laissé deux enfants. Son patrimoine, dettes déduites, est de 300 000 €.
- Sans testament : la sœur reçoit la moitié, 150 000 €, et paie 57 550 € de droits ; chaque neveu reçoit 75 000 € à la place de son père et paie 27 554 €. Total des droits : 112 658 €.
- Avec un testament qui attribue la moitié à un ami, 30 % à une nièce et 20 % à un organisme exonéré : l'ami reçoit 150 000 € et paie 88 594 € ; la nièce reçoit 90 000 € et paie 44 871 € ; l'organisme reçoit 60 000 € sans droits. Total des droits : 133 465 €.
Ouvrir ce calcul dans l'outil.
Une personne pacsée, sa mère et un frère
Son patrimoine, dettes déduites, est de 400 000 €.
- Sans testament : le partenaire de Pacs ne reçoit rien. La mère reçoit un quart, 100 000 €, sans droits ; le frère reçoit les trois quarts, 300 000 €, et paie 124 881 €.
- Avec un testament qui lègue la totalité au partenaire de Pacs : il reçoit 400 000 €, sans droits de succession (CGI art. 796-0 bis).
Ouvrir ce calcul dans l'outil.
Dans ces exemples, 1 500 € de frais funéraires sont déduits pour le calcul des droits (CGI art. 775) et les droits sont arrondis à l'euro par personne.
Ce que cet outil ne calcule pas
Cet outil applique, d'un côté, la répartition prévue par la loi en l'absence de testament et, de l'autre, les pourcentages que vous saisissez. Il ne calcule pas le legs d'un bien ou d'une somme déterminés, ni le legs « net de frais et de droits », par lequel le testament met les droits d'un légataire à la charge d'un autre. Il ne tient pas compte des donations faites depuis moins de quinze ans, de l'abattement prévu pour un héritier ou un légataire handicapé, de l'exonération de l'article 796-0 ter, ni du tarif des frères et sœurs applicable à un établissement public ou d'utilité publique non exonéré. Le partage par moitié entre la branche paternelle et la branche maternelle, le cas de l'article 738-1 du Code civil et les droits de retour des articles 738-2 et 757-3 sont signalés dans le résultat, sans être calculés.
Il ne modélise pas le contrat de mariage : pour un bien commun, seule votre part est à compter. Sont hors calcul la donation de son vivant, que chiffre le simulateur de droits de donation (l'abattement de 1 594 € ne s'applique qu'aux successions), le démembrement de propriété, l'adoption simple, dont la prise en compte fiscale est soumise à conditions (CGI art. 786), la société, l'entreprise, le plan d'épargne retraite et les biens situés à l'étranger. Les frais de notaire ne sont pas compris : le simulateur de frais de notaire en donne une estimation. Les exonérations particulières de droits de succession prévues à l'article 796 du CGI relèvent du notaire. Le résultat est une estimation indicative : il ne remplace ni le conseil ni l'acte d'un notaire.
Questions fréquentes
Je n'ai pas d'héritier : que devient mon patrimoine ?
Ne pas avoir d'enfant ne signifie pas ne pas avoir d'héritier. La loi appelle le conjoint marié, le père et la mère, les frères et sœurs et leurs descendants, puis les autres ascendants et les oncles, tantes et cousins jusqu'au sixième degré (Code civil art. 734 à 745 et 757-1). La succession n'est acquise à l'État qu'en l'absence de tout héritier et de tout légataire (art. 724) ; l'État doit alors en demander l'envoi en possession au tribunal (art. 811).
Qui hérite de moi si je n'ai pas d'enfant ?
Si vous êtes marié, votre conjoint reçoit toute la succession, ou la moitié si votre père et votre mère sont en vie, chacun d'eux recevant un quart, ou les trois quarts si un seul est en vie (Code civil art. 757-1 et 757-2). Si vous n'êtes pas marié, chacun de vos parents en vie reçoit un quart et vos frères et sœurs, ou leurs descendants, le reste (art. 738) ; sans frère ni sœur, vos parents reçoivent tout (art. 736) ; sans parent, vos frères et sœurs reçoivent tout (art. 737). Le partenaire de Pacs et le concubin ne sont pas héritiers.
Puis-je tout léguer à un ami ?
Oui si vous n'êtes pas marié : à défaut de descendant et de conjoint, un testament peut disposer de la totalité des biens (Code civil art. 916). Si vous êtes marié, un quart est réservé à votre conjoint et les legs ne peuvent dépasser les trois quarts (art. 914-1). Ce que reçoit une personne sans lien de parenté est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 € (CGI art. 777 et 788).
Mes frères et sœurs ont-ils une part réservée ?
Non. La réserve héréditaire ne protège que les descendants et, à défaut de descendant, le conjoint marié (Code civil art. 912, 913 et 914-1). Les frères et sœurs, les neveux et les nièces peuvent être écartés par testament. Le père et la mère ne sont pas davantage réservataires ; ils peuvent seulement reprendre, dans la limite de leur part, les biens qu'ils avaient donnés (art. 738-2).
Mon partenaire de Pacs ou mon concubin hérite-t-il de moi ?
Non, sans testament : ni le partenaire de Pacs ni le concubin ne sont héritiers. Le partenaire de Pacs dispose seulement de la jouissance gratuite du logement commun pendant un an (Code civil art. 515-6 et 763). Par testament, le partenaire de Pacs peut tout recevoir sans droits de succession (CGI art. 796-0 bis) ; ce que reçoit un concubin est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 € (art. 777 et 788).
Que faut-il pour que ma succession ne revienne pas à l'État ?
L'État ne recueille une succession qu'à défaut d'héritier et de légataire (Code civil art. 724). Lorsqu'il n'existe aucun parent jusqu'au sixième degré, un testament qui désigne un ou plusieurs légataires, personnes ou organismes, suffit. Le testament olographe est écrit en entier, daté et signé de la main de son auteur (art. 970) ; le testament authentique est reçu par deux notaires, ou par un notaire assisté de deux témoins (art. 971).
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Pages liées. Le guide succession sans héritier (ordre des héritiers, succession vacante, déshérence) ; legs à une association ; faire un testament ; pour la personne qui a des enfants, si je décède : ce que reçoivent mes enfants.