Si je décède : ce que reçoivent mes enfants
Cet outil s'adresse au parent qui veut savoir ce que recevrait chacun de ses enfants, à situation inchangée : ce qui est déjà à son nom, ce qu'il recevrait en dehors de la succession, et sa part de succession une fois les droits et les frais déduits. Il indique ensuite qui gérerait la part d'un enfant mineur et les démarches qui reviendraient aux proches. Le calcul applique les règles de 2026, sans testament ni donation antérieure.
1. Ma situation
« Sans conjoint ni partenaire » : parent célibataire, divorcé, veuf, ou séparé d'un partenaire de Pacs ou d'un concubin. Un parent séparé de son époux sans être divorcé choisit « Marié ».
Le conjoint marié choisit entre ces deux options lorsque tous les enfants sont communs ; en présence d'un enfant d'une autre union, il reçoit le quart en pleine propriété (Code civil art. 757).
Il détermine la valeur de l'usufruit et de la nue-propriété (CGI art. 669).
2. Ce que je possède
Pour chaque ligne, indiquez la valeur du bien entier, puis votre part : 100 % pour un bien qui n'appartient qu'à vous, 50 % pour un bien commun ou acheté à deux par moitié. Les biens de votre conjoint, partenaire ou concubin ne sont pas à inscrire.
Dans ce cas, un abattement de 20 % s'applique à sa valeur pour le calcul des droits (CGI art. 764 bis). L'occupation par un concubin seul n'y ouvre pas droit.
Hors assurance-vie (bloc 4) et hors comptes ouverts au nom des enfants (bloc 3).
La quotité figure dans le contrat d'assurance du prêt : c'est la part du capital restant dû que l'assureur rembourserait au prêteur. Indiquez 0 si le prêt n'est pas assuré.
Crédit à la consommation, impôts dus, autres emprunts non assurés.
3. Ce qui est déjà au nom de mes enfants
Ces sommes appartiennent déjà à l'enfant : elles ne font pas partie de votre succession. Si les montants diffèrent d'un enfant à l'autre, indiquez une moyenne.
4. Mes contrats d'assurance-vie
Primes versées avant vos 70 ans. Pour des primes versées après 70 ans, voir le simulateur d'assurance-vie.
Sans bénéficiaire désigné, le capital fait partie de la succession (code des assurances, art. L132-11).
5. Ce qui est déjà signé
Ces cases ne modifient pas les montants : le résultat indique ce que chaque acte change, sans le chiffrer. Aucun nom d'établissement ni numéro de contrat n'est demandé.
Trois origines, trois régimes
Ce qu'un enfant reçoit au décès d'un parent ne vient pas d'une seule source, et chaque source suit ses propres règles.
- Ce qui est déjà à son nom. Un livret ou un compte ouvert au nom de l'enfant a l'enfant pour titulaire : son solde ne figure pas parmi les biens du parent. Les versements faits par le parent sont des dons ; hors présents d'usage, ceux de moins de quinze ans sont ajoutés à la part de l'enfant pour le calcul des droits (CGI art. 784).
- Ce qu'il reçoit en dehors de la succession. Le capital d'une assurance-vie payable à un bénéficiaire déterminé ne fait pas partie de la succession (code des assurances, art. L132-12). Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, puis un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 €, et de 31,25 % au-delà (CGI art. 990 I).
- Ce qui passe par la succession. Les biens du parent, dettes déduites, sont répartis entre les héritiers. Chaque enfant dispose d'un abattement de 100 000 € (CGI art. 779), puis le barème de l'article 777 s'applique par tranches, de 5 % à 45 %.
Le simulateur de droits de succession donne le détail par tranche ; le simulateur d'assurance-vie traite les primes versées après 70 ans.
Le prêt immobilier et son assurance
Un prêt immobilier est le plus souvent accompagné d'une assurance décès. Au décès de l'emprunteur assuré, l'assureur verse au prêteur le capital restant dû, à hauteur de la garantie souscrite ; la quotité exprime cette garantie en pourcentage du prêt. Pour le calcul des droits de succession, l'administration ne retient alors ni le capital versé par l'assureur ni la dette garantie (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-20-10, § 360). La part du prêt qui n'est pas couverte reste une dette de la succession, déductible de l'actif lorsqu'elle est justifiée (CGI art. 768) ; une dette contractée solidairement à deux n'est retenue que pour la part du défunt (même BOFiP, § 110).
L'outil retient, comme dette de la succession, le capital restant dû multiplié par l'écart entre votre part du prêt et la quotité assurée sur votre tête. Avec un prêt à deux par moitié et une quotité de 50 % sur chaque tête, cette dette est nulle. La répartition exacte du solde entre co-emprunteurs dépend du contrat de prêt et, pour des époux, du régime matrimonial : elle est à vérifier auprès du prêteur et du notaire.
Marié, pacsé, en concubinage : ce que reçoit l'autre parent
| Situation | Part dans la succession, sans testament | Logement | Droits de succession |
|---|---|---|---|
| Conjoint marié, enfants tous communs | Au choix : usufruit de la totalité ou quart en pleine propriété (Code civil art. 757) | Un an de jouissance gratuite, puis droit d'habitation viager (art. 763 et 764) | Exonéré (CGI art. 796-0 bis) |
| Conjoint marié, au moins un enfant d'une autre union | Quart en pleine propriété (art. 757) | Un an de jouissance gratuite, puis droit d'habitation viager | Exonéré |
| Partenaire de Pacs | Aucune : il n'est pas héritier | Un an de jouissance gratuite (art. 515-6), sauf testament contraire | Exonéré sur ce qu'un testament lui attribue |
| Concubin | Aucune : il n'est pas héritier | Aucun droit prévu par la loi | 60 % après 1 594 € sur ce qu'un testament lui attribue |
En l'absence de conjoint marié, les enfants reçoivent toute la succession, à parts égales. Les règles propres à chaque forme d'union sont détaillées dans le guide époux, pacsé ou concubin, et celles des enfants nés d'unions différentes dans le guide familles recomposées.
Qui gère la part d'un enfant mineur
Jusqu'à ses dix-huit ans, l'enfant est représenté par son administrateur légal : son autre parent, s'il exerce l'autorité parentale, que les parents aient vécu ensemble ou non (Code civil art. 373-1 et 382). Ce parent gère la part de l'enfant ; la vente d'un bien immobilier de l'enfant, l'acceptation pure et simple de la succession et la renonciation demandent l'autorisation préalable du juge des tutelles (art. 387-1). Si aucun parent n'exerce l'autorité parentale, une tutelle est ouverte, avec un conseil de famille et un tuteur (art. 390) ; le dernier parent vivant peut avoir désigné ce tuteur par testament ou par déclaration devant notaire (art. 403). Un bien peut aussi être donné ou légué à l'enfant à la condition d'être administré par un tiers (art. 384).
Ces règles sont décrites pas à pas dans le guide enfant mineur héritier : qui gère sa part, quand le juge intervient.
Deux exemples chiffrés
Un couple marié, deux enfants mineurs, un logement acheté à deux
Le logement vaut 300 000 € et appartient pour moitié à chacun des époux ; l'épargne commune est de 40 000 € ; il reste 180 000 € à rembourser sur le prêt, assuré à 100 % sur la tête de chaque emprunteur. Chaque enfant a 5 000 € sur un livret à son nom, et les deux enfants sont bénéficiaires d'une assurance-vie de 30 000 €. Le conjoint, âgé de 38 ans, garde l'usufruit.
- Actif de la succession : 150 000 € + 20 000 € = 170 000 €. Le prêt est remboursé par l'assureur : aucune dette n'est retenue.
- À 38 ans, l'usufruit vaut 70 % et la nue-propriété 30 % (CGI art. 669) : les enfants reçoivent ensemble une nue-propriété de 51 000 €, soit 25 500 € chacun.
- Pour le calcul des droits, la résidence principale bénéficie d'un abattement de 20 % et 1 500 € de frais funéraires sont déduits : la part taxable de chaque enfant, 20 775 €, est inférieure à l'abattement de 100 000 €. Aucun droit n'est dû.
- Chaque enfant reçoit en outre 15 000 € d'assurance-vie, sans prélèvement, et conserve les 5 000 € de son livret.
Ouvrir ce calcul dans l'outil.
Un parent sans conjoint, un enfant mineur
Le logement, qui appartient au parent seul et où vit l'enfant, vaut 250 000 € ; l'épargne est de 30 000 € ; le prêt de 120 000 € est assuré à 100 %. L'enfant est bénéficiaire d'une assurance-vie de 50 000 €.
- Actif de la succession : 280 000 €, sans dette retenue.
- Base de calcul des droits : 280 000 € − 50 000 € (abattement de 20 % sur le logement) − 1 500 € = 228 500 € ; après l'abattement de 100 000 €, la part taxable est de 128 500 €.
- Droits de succession : 23 894 €. L'enfant reçoit 280 000 € de biens, dont il faut déduire ces droits et les frais de notaire.
- L'assurance-vie de 50 000 € lui est versée en plus, sans prélèvement.
Ouvrir ce calcul dans l'outil.
Ce que change chaque acte
- Le testament. Il permet d'attribuer la quotité disponible à la personne de son choix : la moitié des biens avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus (Code civil art. 913). Le reste, la réserve, revient aux enfants. Voir faire un testament.
- La donation entre époux. Elle élargit les options du conjoint : quotité disponible en pleine propriété, un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit, ou totalité en usufruit (art. 1094-1).
- La désignation d'un tuteur. Faite par testament ou par déclaration spéciale devant notaire, elle ne produit d'effet que si son auteur est le dernier des deux parents à décéder (art. 403).
- La clause bénéficiaire d'une assurance-vie. Elle détermine qui reçoit le capital en dehors de la succession ; sans bénéficiaire désigné, le capital rejoint la succession (code des assurances, art. L132-11 et L132-12).
- L'assurance du prêt. Sa quotité fixe la part du capital restant dû que l'assureur rembourse au prêteur.
Ce que cet outil ne calcule pas
Cet outil applique la répartition prévue par la loi en l'absence de testament. Il ne tient pas compte d'un testament ni d'une donation entre époux, des donations faites depuis moins de quinze ans (y compris les versements sur un livret au nom d'un enfant, hors présents d'usage), des primes d'assurance-vie versées après 70 ans, de l'abattement prévu pour un héritier handicapé, ni de la représentation d'un enfant décédé par ses propres enfants. Il ne modélise pas le contrat de mariage ni les comptes entre époux : pour un bien commun, seule la moitié du parent est à inscrire. Les parts de société, l'entreprise, le plan d'épargne retraite et les biens situés à l'étranger sont hors calcul.
Le capital décès, la pension de réversion, l'allocation de soutien familial et les garanties de prévoyance dépendent de la situation professionnelle et du contrat de chacun : l'outil les cite avec le lien de la fiche officielle, sans en estimer le montant. Les exonérations particulières de droits de succession prévues à l'article 796 du CGI relèvent du notaire. Les frais de notaire sont une estimation (acte de notoriété, déclaration de succession, attestation de propriété immobilière, débours en fourchette) ; l'acte de partage n'y est pas compris. Le résultat est une estimation indicative : il ne remplace ni le conseil ni l'acte d'un notaire.
Questions fréquentes
Mes enfants paieraient-ils des droits de succession ?
Chaque enfant dispose d'un abattement de 100 000 € sur ce qu'il reçoit de chacun de ses parents (CGI art. 779) ; au-delà, le barème va de 5 % à 45 % par tranches (art. 777). Lorsque le conjoint marié garde l'usufruit, les enfants sont imposés sur la seule valeur de la nue-propriété, fixée selon l'âge du conjoint (art. 669). Le capital d'une assurance-vie alimentée avant 70 ans suit un régime distinct, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I).
Mon partenaire de Pacs ou mon concubin hérite-t-il si nous avons des enfants ?
Non, sans testament : le partenaire de Pacs et le concubin ne sont pas héritiers, et les enfants reçoivent toute la succession. Le partenaire de Pacs dispose de la jouissance gratuite du logement pendant un an (Code civil art. 515-6). Un testament peut attribuer au partenaire ou au concubin la quotité disponible, soit la moitié des biens avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus (art. 913).
Que devient le prêt immobilier ?
Si le prêt est couvert par une assurance décès, l'assureur verse au prêteur le capital restant dû, à hauteur de la garantie souscrite (service-public, fiche F21128). Pour le calcul des droits de succession, ni le capital versé par l'assureur ni la dette garantie ne sont alors retenus (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-20-10, § 360). La part du prêt qui n'est pas couverte reste une dette de la succession, déductible de l'actif (CGI art. 768).
Les livrets ouverts au nom de mes enfants font-ils partie de ma succession ?
Non : un compte ou un livret ouvert au nom de l'enfant a l'enfant pour titulaire, et son solde ne figure pas parmi les biens du parent. Les sommes versées par le parent sont en revanche des dons : hors présents d'usage, les donations de moins de quinze ans sont ajoutées à la part de l'enfant pour le calcul des droits (CGI art. 784). L'outil ne fait pas ce rappel.
L'assurance-vie fait-elle partie de la succession ?
Non lorsque le contrat désigne un bénéficiaire : le capital lui est versé en dehors de la succession (code des assurances, art. L132-12). Oui lorsque le contrat ne désigne aucun bénéficiaire : le capital fait alors partie de la succession (art. L132-11). L'outil compte le premier dans ce que l'enfant reçoit hors succession et le second dans l'actif de la succession.
Qui gère ce que reçoit un enfant mineur ?
Son autre parent, s'il exerce l'autorité parentale : il est seul administrateur légal des biens de l'enfant, que les parents aient vécu ensemble ou non (Code civil art. 373-1 et 382). Certains actes demandent l'autorisation du juge des tutelles (art. 387-1). Si aucun parent n'exerce l'autorité parentale, une tutelle est ouverte (art. 390) ; le tuteur peut avoir été désigné par le dernier parent vivant, par testament ou par déclaration devant notaire (art. 403).
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Pages liées. Le guide enfant mineur héritier ; pour le règlement d'une succession ouverte, mon dossier de succession ; pour comparer une transmission de son vivant, donner ou transmettre au décès. Sans enfant, la répartition obéit à d'autres règles : voir l'outil sans enfant : à qui ira votre patrimoine.