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Barèmes vérifiés le 25/09/2026 · Mis à jour le 25/09/2026

Partager un bien en indivision : soulte, droit de partage, indemnité d'occupation

Quand un bien reçu en héritage reste en indivision et qu'un des héritiers souhaite le conserver, il verse aux autres une soulte, l'acte de partage supporte un droit de 2,5 % et des émoluments, et les comptes entre indivisaires — occupation du bien par l'un d'eux, dépenses avancées par un autre — s'ajoutent ou se retranchent. Ce calculateur présente d'abord ce que reçoit chaque indivisaire, puis les frais de l'acte.

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Valeur vénale au jour du partage — et non au jour du décès — retenue d'un commun accord ou après expertise. Pour plusieurs biens partagés en même temps, additionnez leurs valeurs.

Capital restant dû d'un emprunt ou autre passif grevant le bien, que celui qui le garde prend à sa charge. Il vient en déduction de la valeur partagée et de l'assiette du droit de partage.

Un partage portant sur un immeuble est obligatoirement notarié et publié au service de la publicité foncière, ce qui ajoute la contribution de sécurité immobilière de 0,10 %.

Les personnes qui détiennent ensemble le bien : le plus souvent les héritiers, parfois avec le conjoint survivant. Les quote-parts se lisent dans l'acte de notoriété ; l'outil Qui hérite ? les calcule à partir de la situation familiale.

Comptes entre indivisaires (facultatif) : occupation du bien, dépenses avancées

L'indivisaire qui use ou jouit seul du bien doit une indemnité à l'indivision, sauf convention contraire (Code civil art. 815-9). Elle vise l'usage exclusif, pas seulement le fait d'y habiter : un bien dont un indivisaire garde les clés et l'usage est concerné.

Taxe foncière, assurance, travaux indispensables à la conservation du bien, échéances d'emprunt : celui qui les a réglés de ses deniers en obtient compte au partage (Code civil art. 815-13). Les travaux d'amélioration relèvent d'une règle distincte, selon la plus-value apportée, et ne sont pas traités ici.

Comment se calcule la soulte

Dans un partage, chaque indivisaire a droit à une valeur égale à sa quote-part de la masse partagée. Lorsqu'un seul d'entre eux reçoit le bien, son lot vaut plus que ses droits : il compense les autres par une somme d'argent, la soulte. Elle se calcule sur la valeur nette du bien — sa valeur vénale moins les dettes que l'attributaire reprend — multipliée par la quote-part de chacun des autres. La valeur retenue est celle du jour du partage, pas celle déclarée au moment de la succession : un bien qui a pris de la valeur entre-temps se partage sur sa valeur actuelle.

Les comptes entre indivisaires viennent ensuite. L'indemnité due par celui qui a occupé seul le bien s'ajoute à la masse, comme une créance de l'indivision ; les dépenses nécessaires qu'un indivisaire a réglées seul en sont déduites, comme une dette de l'indivision envers lui. Chacun reçoit alors ses droits dans cette masse corrigée, augmentés de ce qui lui est dû et diminués de ce qu'il doit. La somme finalement versée par celui qui garde le bien correspond à l'ensemble de ces règlements ; elle peut être supérieure ou inférieure à la soulte calculée sur le seul bien.

Le droit de partage de 2,5 %

L'acte qui met fin à l'indivision est soumis à un droit d'enregistrement de 2,5 %, perçu par l'État (CGI art. 746). Ce droit se calcule sur « le montant de l'actif net partagé » (art. 747) : la valeur des biens compris dans le partage, moins le passif qui grève la masse — un emprunt restant dû, par exemple. Il ne se calcule pas sur la soulte. Pour un partage de succession entre les héritiers, leurs conjoints, ascendants ou descendants, la soulte n'est pas considérée comme une vente et l'assiette est retenue « sans déduction de ces soultes » (art. 748) : celui qui rachète la part des autres ne paie donc pas les droits de mutation d'un achat immobilier sur la somme versée.

Le taux réduit de 1,10 % en vigueur depuis le 1er janvier 2022 ne s'applique qu'aux partages consécutifs à un divorce, à une séparation de corps ou à la rupture d'un Pacs ; le partage d'une succession reste à 2,5 %. Le droit est dû dès que le partage est constaté par un acte. Un partage de biens meubles réalisé sans acte n'y est pas soumis, mais si un acte ultérieur y fait référence, le droit devient exigible sur les biens ainsi partagés.

Les frais de notaire de l'acte de partage

Le notaire perçoit pour l'acte de partage un émolument proportionnel au tarif réglementé (Code de commerce art. A444-121), calculé par tranches sur l'actif brut partagé : 4,837 % jusqu'à 6 500 €, 1,995 % de 6 500 à 17 000 €, 1,330 % de 17 000 à 60 000 €, puis 0,998 % au-delà, auxquels s'ajoute la TVA de 20 %. C'est la grille la plus élevée des actes d'une succession. Pour un immeuble, la publication de l'acte entraîne en outre la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % de la valeur du bien. Les débours (copies, extraits, formalités) ne sont pas chiffrés ici ; ils représentent en général quelques centaines d'euros. Le simulateur de frais de notaire replace ce poste parmi les autres actes de la succession.

Ces frais sont supportés par les copartageants ; à défaut d'accord différent dans l'acte, ils sont en pratique répartis à proportion des droits de chacun. Le calculateur affiche leur total sans les répartir.

L'indemnité d'occupation

« L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité » (Code civil art. 815-9). Elle n'est pas une sanction : c'est la contrepartie de l'usage exclusif d'un bien qui appartient à tous. Elle est due à l'indivision, et non à chacun des autres personnellement ; elle entre donc dans la masse à partager, où l'occupant en supporte lui-même sa propre quote-part.

Son montant se détermine à partir de la valeur locative du bien, c'est-à-dire du loyer qu'il produirait s'il était loué, sur la durée de l'occupation exclusive. Les tribunaux appliquent souvent une réduction pour tenir compte de la précarité de cette occupation — l'occupant ne bénéficie pas de la stabilité d'un bail —, mais aucun taux n'est fixé par un texte : c'est pourquoi le calculateur propose un champ libre, à 0 par défaut. La demande se prescrit par cinq ans : aucune recherche relative aux fruits et revenus « ne sera recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus ou auraient pu l'être » (art. 815-10). L'indemnité se règle le plus souvent au moment du partage, par imputation sur la part de l'occupant.

Les dépenses avancées par un indivisaire

Celui qui a payé seul des dépenses nécessaires à la conservation du bien — taxe foncière, assurance, réparations indispensables, échéances de l'emprunt — a droit à ce qu'il lui en soit tenu compte au partage (Code civil art. 815-13). Sa créance est supportée par l'indivision, donc par tous les indivisaires à proportion de leurs droits, lui compris. Les dépenses d'amélioration obéissent à une règle différente : elles sont prises en compte selon l'équité, d'après la plus-value qu'elles procurent au bien au jour du partage, et non d'après leur coût ; le calculateur ne les traite pas. Les revenus que le bien a produits — un loyer perçu par un seul indivisaire, par exemple — accroissent à l'indivision de la même manière (art. 815-10) et se règlent dans le même compte.

Un exemple chiffré

Deux enfants héritent à parts égales de la maison de leur parent, estimée 300 000 € au jour du partage, sans emprunt. Le premier souhaite la garder ; il l'a occupée seul pendant vingt-quatre mois, et sa valeur locative est estimée à 1 000 € par mois, sans abattement.

La soulte au titre du bien est de 150 000 €, soit la moitié de sa valeur. L'indemnité d'occupation de 24 000 € s'ajoute à la masse, qui atteint 324 000 € ; chaque enfant y a droit pour 162 000 €. L'occupant supporte l'indemnité : son compte s'établit à 162 000 € − 24 000 € = 138 000 €, et comme il reçoit un bien de 300 000 €, il verse à son frère ou à sa sœur 162 000 € au total — 150 000 € de soulte et 12 000 € d'indemnité, l'autre moitié de l'indemnité étant restée à sa propre charge. L'acte supporte un droit de partage de 7 500 € (2,5 % de 300 000 €), des émoluments de 3 490,98 € HT soit 4 189,18 € TTC, et une contribution de sécurité immobilière de 300 € : 11 989,18 € de frais, hors débours. Le lien « Recharger l'exemple chiffré » sous le résultat reprend ces valeurs dans le calculateur.

Ce que ce calcul ne prend pas en compte

Le calculateur suppose un partage amiable d'un seul bien (ou d'un ensemble de biens traités comme un tout), attribué à un seul indivisaire qui en reprend les dettes, entre personnes qui relèvent du régime de l'article 748 du CGI. Il ne traite pas : l'attribution préférentielle demandée en justice (Code civil art. 831 et suivants), qui suit la même logique de soulte mais obéit à des conditions propres ; la vente du bien à un tiers, qui ne donne lieu à aucun droit de partage mais aux droits de mutation ordinaires à la charge de l'acquéreur, le prix étant ensuite réparti ; la licitation au profit d'un indivisaire, à laquelle un régime voisin s'applique (CGI art. 750) ; les partages portant sur des biens de plusieurs successions ou communautés ; les frais d'un partage judiciaire ; les délais de paiement d'une soulte ; le financement de la soulte par un emprunt ; les dépenses d'amélioration (art. 815-13, selon la plus-value) ; les conséquences en matière de plus-value immobilière ou d'impôt sur le revenu ; les biens situés à l'étranger. Le taux réduit de 1,10 % n'est jamais appliqué, puisqu'il ne concerne pas les successions.

Questions fréquentes sur la soulte et le partage

Qui paie la soulte et comment se calcule-t-elle ?

Celui qui reçoit le bien en entier verse aux autres indivisaires une soulte égale à la valeur de leurs droits sur ce bien : valeur nette du bien multipliée par la quote-part de chacun. Pour un bien de 300 000 € détenu à parts égales par deux personnes, celui qui le garde doit 150 000 € à l'autre, avant les comptes entre indivisaires (indemnité d'occupation, dépenses avancées).

Le droit de partage de 2,5 % se calcule-t-il sur la soulte ?

Non. Le droit de partage est liquidé sur l'actif net partagé, c'est-à-dire la valeur des biens partagés moins le passif qui les grève (CGI art. 747). Dans un partage de succession entre les héritiers, la soulte n'est pas traitée comme une vente et n'est ni ajoutée ni déduite de cette assiette (CGI art. 748).

Le taux réduit de 1,1 % s'applique-t-il au partage d'une succession ?

Non. Le taux de 1,10 % en vigueur depuis le 1er janvier 2022 ne concerne que les partages consécutifs à un divorce, à une séparation de corps ou à la rupture d'un Pacs (CGI art. 746). Le partage d'une succession reste soumis au taux de 2,5 %.

L'indemnité d'occupation est-elle due à chaque héritier ?

Elle est due à l'indivision, pas à chaque indivisaire personnellement (Code civil art. 815-9). Elle entre dans la masse à partager : l'occupant en supporte donc lui-même sa propre quote-part et ne règle aux autres que la fraction correspondant à leurs droits. Elle se règle le plus souvent au moment du partage, par imputation sur la part de l'occupant.

Peut-on réclamer une indemnité d'occupation pour plus de cinq ans ?

En principe non : aucune demande relative aux fruits et revenus d'un bien indivis n'est recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus ou auraient pu l'être (Code civil art. 815-10). Le calculateur retient la durée saisie et signale un dépassement de soixante mois ; la période effectivement réclamable relève du notaire ou du juge.

Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour partager ?

Dès que le partage porte sur un immeuble, l'acte doit être notarié pour être publié au service de la publicité foncière. Pour des biens meubles seulement, un partage amiable peut se faire sans acte ; le droit de partage n'est alors exigible que si un acte vient constater le partage ou y faire référence (BOI-ENR-PTG-10-10).

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Périmètre de ce calculateur. Il chiffre la soulte, les comptes entre indivisaires et les frais d'un acte de partage amiable de succession, d'après les textes cités. Il ne remplace pas les comptes de liquidation établis par le notaire, seuls opposables, ni une décision de justice sur le montant d'une indemnité d'occupation. Les valeurs saisies (valeur du bien, valeur locative, abattement) engagent le résultat : elles doivent être admises par tous les indivisaires ou fixées par expertise.
Droit de partage (2,5 %, taux réduit limité aux séparations) et assiette (actif net partagé, soultes non déduites dans les partages de succession) : Code général des impôts art. 746, 747 et 748, texte consolidé lu sur Légifrance le 25/09/2026 (art. 746 en vigueur depuis le 01/01/2021), recoupé sur le Bulletin officiel des finances publiques BOI-ENR-PTG-10-10 (30/06/2020, § 70, 90, 160 et 190). Indemnité d'occupation, prescription de cinq ans et dépenses de conservation : Code civil art. 815-9, 815-10 et 815-13, lus sur Légifrance le 25/09/2026 (versions en vigueur depuis le 01/01/2007 et le 14/05/2009), recoupés sur service-public.gouv.fr (fiche F1296). Émoluments de partage : Code de commerce art. A444-121, vérifié sur Légifrance le 20/09/2026 ; contribution de sécurité immobilière : voir le simulateur de frais de notaire. L'abattement pour précarité de l'occupation ne repose sur aucun texte : il est laissé à la saisie. Détail des formules : Sources et méthodologie. Résultats indicatifs, hors acte notarié.

Rédigé et vérifié par Nathan Penin, éditeur de messuccessions.fr. Règles et barèmes recoupés sur au moins deux sources officielles (sources et méthodologie) · page mise à jour le 25/09/2026.