Mes successions
Vérifié le 17/09/2026

Petits-enfants et héritage des grands-parents : qui reçoit quoi ?

Lorsqu'un grand-parent décède, ce sont en principe ses enfants qui héritent, pas ses petits-enfants. Un petit-enfant n'est appelé par la loi qu'à la place d'un parent décédé avant le grand-parent ou qui renonce à la succession ; il peut aussi recevoir par testament, par une assurance-vie ou par une donation. Ce guide décrit chacun de ces cas et la fiscalité qui s'y applique.

Le principe : c'est le parent qui hérite

Sans testament, le Code civil appelle d'abord les descendants du défunt, et parmi eux les plus proches en degré : ses enfants (art. 734 et 735). Tant que votre parent est en vie et accepte la succession de votre grand-parent, c'est lui qui hérite, et vous ne recevez rien directement par la loi. Si votre grand-mère, veuve, laisse deux enfants — votre mère et votre oncle —, chacun reçoit la moitié de sa succession ; vous-même et votre frère n'êtes pas héritiers.

Si votre grand-parent était marié, son conjoint survivant a en outre des droits propres : l'usufruit de la totalité ou le quart en pleine propriété lorsque tous les enfants sont communs, le quart en pleine propriété dans le cas contraire (art. 757). Les enfants reçoivent le reste, en nue-propriété ou en pleine propriété selon l'option. L'outil qui hérite et à quelle part applique ces règles depuis votre point de vue de petit-enfant.

Un point de chronologie compte : si votre parent décède après votre grand-parent, même peu de temps après, il a hérité. Sa part entre alors dans sa propre succession, dont vous êtes héritier, et deux successions sont réglées l'une après l'autre. Le simulateur de droits de succession chiffre ce second temps de votre point de vue.

Quand le petit-enfant hérite : la représentation

La représentation permet aux enfants d'un héritier de prendre sa place dans la succession (Code civil art. 751 à 754). Elle joue dans deux situations :

Le partage se fait par souche : la part du parent représenté est divisée à égalité entre ses enfants, quel que soit le nombre d'enfants des autres branches (art. 753). Exemple : votre grand-mère, veuve, laisse une succession de 300 000 € et deux enfants, votre oncle, en vie, et votre père, décédé avant elle, qui avait deux enfants. Votre oncle reçoit 150 000 € ; vous et votre frère recevez 75 000 € chacun.

Les petits-enfants qui viennent par représentation sont comptés dans la souche de leur parent pour le calcul de la réserve héréditaire : un testament ne peut pas les priver de la part que la loi réserve à cette souche (art. 913).

La fiscalité quand vous héritez à la place de votre parent

Les petits-enfants qui héritent par représentation bénéficient de l'abattement et du barème de l'héritier représenté, c'est-à-dire de votre parent : 100 000 € et le barème en ligne directe de 5 % à 45 %. Cet abattement n'est pas multiplié : il se divise entre les représentants selon les règles de la dévolution légale (CGI art. 779 ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-20 § 70). Deux enfants représentant leur père disposent donc de 50 000 € chacun.

Dans l'exemple ci-dessus, chacun des deux petits-enfants reçoit 75 000 €. Après un abattement de 50 000 €, la part taxable est de 25 000 € : les droits s'élèvent à 3 194 € chacun, soit 71 806 € nets. Votre oncle, pour 150 000 €, paie 8 194 €. Une donation reçue de votre grand-parent depuis moins de quinze ans réduit l'abattement disponible (art. 784).

En cas de renonciation, une question particulière se posait : les donations que le parent renonçant avait lui-même reçues du grand-parent devaient-elles être prises en compte pour calculer les droits de ses enfants ? La Cour de cassation a jugé que non, dans un arrêt du 8 juillet 2026 (n° 25-13.219) : les représentants d'un renonçant sont taxés d'après leur propre lien de parenté avec le défunt, sans que les donations consenties à leur parent leur soient opposées. L'administration peut en revanche remettre en cause une renonciation organisée dans le seul but d'éviter des droits.

Recevoir par testament alors que votre parent est en vie

Un grand-parent peut, par testament, léguer à un petit-enfant tout ou partie de la quotité disponible, c'est-à-dire la fraction de son patrimoine que la réserve de ses enfants laisse libre : la moitié avec un enfant, un tiers avec deux, un quart avec trois ou plus (Code civil art. 913). Les formes et les règles de rédaction sont décrites dans le guide faire un testament.

Le petit-enfant légataire dont le parent est en vie ne bénéficie pas des 100 000 € de son parent : il dispose d'un abattement de 1 594 €, sauf si un autre abattement s'applique, et du barème en ligne directe (CGI art. 777 et 788-IV). Un legs de 50 000 € donne ainsi une part taxable de 48 406 € et 7 876 € de droits.

Recevoir du vivant de ses grands-parents : la donation

Les donations d'un grand-parent à un petit-enfant relèvent d'un régime distinct de celui des successions :

Au-delà, le barème en ligne directe s'applique. Le simulateur de droits de donation calcule ces montants selon le lien de parenté. Le gouvernement a annoncé en septembre 2026 des mesures sur les donations familiales pour le projet de loi de finances 2027 : leur suivi, daté, figure dans la page loi de finances 2027 : ce qui change.

L'assurance-vie au bénéfice d'un petit-enfant

Un grand-parent peut désigner un petit-enfant comme bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie. Les capitaux sont versés en dehors de la succession et suivent leur régime propre : pour les primes versées avant 70 ans, un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (CGI art. 990 I) ; pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € partagé entre les bénéficiaires, le surplus étant soumis aux droits de succession selon le lien de parenté (art. 757 B). Le simulateur assurance-vie détaille ces deux régimes.

Questions fréquentes

Un petit-enfant hérite-t-il de son grand-parent si son parent est en vie ?

Non, pas par la loi. Tant que le parent est en vie et accepte la succession, c'est lui qui hérite. Le petit-enfant ne reçoit directement que ce qu'un testament, une assurance-vie ou une donation lui attribue.

Quel abattement pour un petit-enfant dans une succession ?

Cela dépend de la façon dont il hérite. Par représentation d'un parent décédé ou renonçant, il partage avec ses frères et sœurs l'abattement de 100 000 € de ce parent. Comme légataire alors que son parent est en vie, il dispose de 1 594 €, sauf si un autre abattement s'applique. Le barème en ligne directe, de 5 % à 45 %, s'applique dans les deux cas.

Si mon père renonce à la succession de ma grand-mère, est-ce que j'hérite ?

Oui. Depuis 2007, les enfants d'un renonçant viennent à sa place par représentation (Code civil art. 754) et se partagent sa part. Ils sont taxés avec son abattement de 100 000 €, divisé entre eux, et les donations que leur père avait reçues ne sont pas prises en compte pour leurs droits (Cour de cassation, 8 juillet 2026).

Combien un grand-parent peut-il donner à un petit-enfant sans droits ?

31 865 € tous les quinze ans au titre de l'abattement (CGI art. 790 B), plus 31 865 € pour un don d'argent si le grand-parent a moins de 80 ans et le petit-enfant est majeur (art. 790 G). Jusqu'au 31 décembre 2026, un don d'argent affecté à un logement neuf ou à une rénovation énergétique peut en outre être exonéré dans la limite de 100 000 €.

Mon parent est décédé peu après mon grand-parent : qui hérite ?

Votre parent, s'il était en vie au décès de votre grand-parent : sa part entre ensuite dans sa propre succession, dont vous êtes héritier. Deux successions sont alors réglées successivement. Si l'ordre des décès ne peut pas être établi, la succession de chacun est réglée sans que l'autre y soit appelé (Code civil art. 725-1).

Les petits-enfants ont-ils droit à une réserve héréditaire ?

Seulement lorsqu'ils viennent à la place de leur parent : ils prennent alors la part réservée à sa souche (Code civil art. 913). Tant que leur parent est en vie et héritier, la réserve est la sienne, pas la leur.

Ce guide décrit les règles générales. La situation réelle — donations antérieures, testament, régime matrimonial du grand-parent, souches de tailles différentes — se vérifie avec le notaire chargé de la succession ; les calculs des exemples supposent aucune donation antérieure et n'incluent pas les frais de notaire.
Sources vérifiées le 17/09/2026 : service-public.gouv.fr, fiche F14198 (abattements et barème, dont « 1 594 € si votre parent est vivant » et partage de l'abattement de l'héritier représenté ; vérifiée le 09/02/2026) et actualité A18081 du 19/02/2025 (exonération temporaire des dons familiaux, loi n° 2025-127 du 14/02/2025) ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-20 du 24/05/2023, § 70 (division de l'abattement entre représentants) et § 200 (abattement de 1 594 €), et actualité ACTU-2025-00080 du 04/09/2025 (art. 790 A bis) ; ministère de la Transition écologique, communiqué du 19/09/2025 (31 865 € pour les petits-enfants, dispositif temporaire) ; Cour de cassation, 8 juillet 2026, n° 25-13.219, d'après LégiFiscal et plusieurs analyses de cabinets d'avocats concordantes (décision non lue sur le site de la Cour) ; Code civil art. 725-1, 734, 735, 751 à 754, 757, 805 et 913, tels que présentés par service-public.gouv.fr et les études notariales (textes consolidés non lus sur Légifrance) ; CGI art. 777, 779, 784, 788-IV, 790 A bis, 790 B, 790 G, 757 B et 990 I. Barèmes et formules dans logique-calculs.txt, sections 1, 2, 9, 11 et 16.

Rédigé et vérifié par Nathan Penin, éditeur de messuccessions.fr. Règles et barèmes recoupés sur au moins deux sources officielles (sources et méthodologie) · page mise à jour le 17/09/2026.