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Mes successions
Vérifié le 07/10/2026 · Mis à jour le 30/10/2026

Combien de temps dure une succession ? Les étapes et leurs délais

Aucun texte ne fixe la durée d'ensemble du règlement d'une succession. La loi fixe en revanche des délais étape par étape : pour accepter ou renoncer, pour faire constater la transmission d'un bien immobilier, pour déposer la déclaration de succession et payer les droits. Cette page les présente dans l'ordre où ils se posent, indique ce qui allonge le règlement, et ce qu'il est possible de faire lorsque la déclaration ne sera pas prête à temps. L'outil Mon dossier de succession calcule ces échéances à partir d'une date.

Les étapes et leurs délais, en un tableau

ÉtapeDélai prévu par les textesTexte
Prouver sa qualité d'héritier : acte de notoriété, ou attestation signée de tous les héritiers pour une succession inférieure à 5 965 € en 2026Aucun délai fixéCode civil art. 730-1 ; service-public, fiche F12697
Accepter la succession ou y renoncerAucune contrainte pendant quatre mois ; deux mois après une sommation ; dix ans au plusCode civil art. 771, 772 et 780
Faire établir l'attestation de propriété, lorsque la succession comprend un bien immobilierNotaire à saisir dans les six mois du décès ; publication dans les quatre mois de cette demandeDécret n° 55-22 du 4 janvier 1955, art. 29 et 33
Déposer la déclaration de succession et payer les droitsSix mois à compter du décès s'il a eu lieu en France métropolitaine ; douze mois dans les autres casCGI art. 641
Recevoir le capital d'un contrat d'assurance-vieUn mois au plus après la remise des pièces à l'assureurCode des assurances art. L132-23-1
Partager les biensAucun délai : le partage peut être demandé à tout momentCode civil art. 815
Contrôle de la déclaration par l'administrationJusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle de l'enregistrement de la déclaration, ou de la sixième année qui suit celle du décèsLivre des procédures fiscales, art. L180 et L186

Les démarches des premiers jours — déclaration du décès, obsèques, information des banques et des organismes — ont leurs propres délais, décrits dans les démarches des 30 premiers jours.

Ce que recouvre le délai de six mois

Le délai de six mois est un délai fiscal : c'est celui dans lequel la déclaration de succession doit être déposée et les droits payés lorsque le décès a eu lieu en France métropolitaine (CGI art. 641). Il ne mesure pas la durée d'une succession. Une succession peut être déclarée dans ce délai et n'être partagée que plus tard ; à l'inverse, une succession dispensée de déclaration n'a pas cette échéance.

Les sources officielles consultées pour cette page — textes de loi, service-public.gouv.fr, Bulletin officiel des finances publiques — ne publient pas de durée moyenne de règlement. Cette page n'en donne donc pas : la durée dépend de la composition du patrimoine, du nombre d'héritiers et de leur accord.

Établir qui hérite

La première étape consiste à prouver la qualité d'héritier. Elle peut résulter d'un acte de notoriété, dressé par un notaire à la demande d'un ou de plusieurs ayants droit ; l'acte vise l'acte de décès et mentionne les pièces justificatives produites, notamment les actes de l'état civil (Code civil art. 730-1). Il fait foi jusqu'à preuve contraire (art. 730-3). Pour une succession inférieure à 5 965 € en 2026, une attestation signée de tous les héritiers peut en tenir lieu (service-public, fiche F12697).

Aucun texte ne fixe de délai pour cette étape. Sa durée tient au temps nécessaire pour réunir les actes d'état civil et vérifier l'existence d'un testament ou d'une donation entre époux : la liste des documents à réunir pour le notaire permet de les préparer. Le recours à un notaire est obligatoire lorsque la succession comprend un bien immobilier, lorsque son montant atteint 5 965 €, ou lorsqu'il existe un testament ou une donation entre époux (service-public, fiche F1295).

Être reconnu héritier ne vaut pas acceptation de la succession : le choix d'accepter ou de renoncer reste entier (fiche F12697).

Quatre mois, deux mois, dix ans : accepter ou renoncer

Un héritier ne peut pas être contraint de choisir pendant les quatre mois qui suivent l'ouverture de la succession. Passé ce délai, un créancier de la succession, un cohéritier, un héritier de rang subséquent ou l'État peut le sommer de prendre parti (Code civil art. 771). Il dispose alors de deux mois pour se prononcer ou pour demander au juge un délai supplémentaire ; à défaut, il est réputé avoir accepté purement et simplement (art. 772). En l'absence de sommation, la faculté de choisir se prescrit par dix ans à compter de l'ouverture de la succession, et l'héritier qui ne s'est pas prononcé dans ce délai est réputé avoir renoncé (art. 780). La fiche service-public, fiche F1199 reprend ces trois délais.

L'acceptation à concurrence de l'actif net, qui limite le paiement des dettes à la valeur des biens reçus, ajoute ses propres délais : l'inventaire est déposé au tribunal dans les deux mois de la déclaration d'acceptation, faute de quoi l'héritier est réputé avoir accepté purement et simplement (art. 790) ; les créanciers ont quinze mois, à compter de la publicité de cette déclaration, pour déclarer leurs créances (art. 792). Les trois choix et leurs formalités sont décrits dans le guide renoncer à une succession.

S'il y a un bien immobilier : l'attestation de propriété

La transmission d'un bien immobilier par décès doit être constatée par une attestation notariée, qui indique si les héritiers ont accepté la succession (décret n° 55-22 du 4 janvier 1955, art. 29). Cette attestation est publiée au service chargé de la publicité foncière dans les quatre mois qui suivent le jour où le notaire a été saisi ; la responsabilité des héritiers peut être engagée s'ils saisissent le notaire plus de six mois après le décès (art. 33). Elle n'est pas établie lorsqu'un acte de partage portant sur la totalité des immeubles de la succession est dressé et publié dans les dix mois du décès (art. 29).

Service-public.gouv.fr confirme l'obligation de faire établir cette attestation (fiche F1295), sans en donner les délais : ceux-ci reposent sur le seul texte du décret. Le coût de l'acte s'estime avec le simulateur de frais de notaire.

Six mois : la déclaration de succession et le paiement des droits

La déclaration de succession est enregistrée dans les six mois du décès lorsqu'il a eu lieu en France métropolitaine, et dans l'année dans tous les autres cas (CGI art. 641 ; service-public, fiche F80). Le paiement des droits accompagne le dépôt. Les délais propres aux départements d'outre-mer, la tolérance jusqu'à la fin du mois et les cas où le délai ne part pas du décès sont détaillés dans le guide déclaration de succession.

Lorsque la succession ne comporte pas les liquidités nécessaires, un paiement fractionné peut être demandé au moment du dépôt de la déclaration : les versements s'étalent sur un an au plus après l'expiration du délai de déclaration, et sur trois ans lorsque la succession comporte au moins 50 % de biens non liquides (service-public, fiche F36432). Ce crédit porte intérêt ; ses conditions sont décrites dans le guide payer les droits de succession.

Si la déclaration ne sera pas prête à temps : verser un acompte

Il arrive que la déclaration ne puisse pas être déposée dans le délai : un bien reste à évaluer, un héritier ne s'est pas encore prononcé, un document manque. L'administration admet que les héritiers versent, avant le dépôt, un ou plusieurs acomptes sur les droits. La loi fait porter l'intérêt de retard sur les droits qui n'ont pas été acquittés dans le délai légal, et le calcule jusqu'au dernier jour du mois du paiement (CGI art. 1727, I et IV). La doctrine de l'administration en tire les règles suivantes.

Un acompte ne dispense donc ni de la déclaration ni du solde des droits : il réduit la somme sur laquelle l'intérêt de retard est calculé. Les textes consultés ne décrivent pas la manière de le verser ; elle se demande au service chargé de l'enregistrement dont dépendait le domicile du défunt, ou au notaire chargé de la succession. Les fiches de service-public.gouv.fr sur la déclaration et sur le paiement des droits ne mentionnent pas l'acompte : la règle repose sur l'article 1727 et sur la doctrine de l'administration.

L'intérêt de retard et les majorations applicables après l'échéance sont décrits dans le guide déclaration de succession.

Ce qui n'attend pas la fin du règlement

Le partage : aucun délai

Tant que les biens ne sont pas partagés, ils appartiennent ensemble aux héritiers : ils sont en indivision. Aucun délai n'est imposé pour en sortir. Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision, et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou par convention (Code civil art. 815).

Lorsque tous les indivisaires sont présents et capables, le partage se fait dans la forme et selon les modalités qu'ils choisissent ; il est passé par acte notarié lorsqu'il porte sur un bien immobilier (art. 835). Lorsque l'un d'eux refuse le partage amiable ou conteste la manière d'y procéder, la demande se fait en justice (art. 840) ; les héritiers peuvent à tout moment abandonner la voie judiciaire et reprendre un partage amiable (art. 842). Le fonctionnement de l'indivision et les manières d'en sortir sont décrits dans le guide indivision entre héritiers.

Une fois le partage fait, l'héritier qui établit avoir subi une lésion de plus du quart peut demander un complément de part pendant deux ans (art. 889) ; service-public, fiche F16194 indique un délai de cinq ans pour demander l'annulation du partage.

Ce qui allonge le règlement

Après le dépôt : le délai de contrôle de l'administration

Le dépôt de la déclaration ne clôt pas tout. L'administration peut la rectifier jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle de son enregistrement, à condition que la déclaration ait suffisamment révélé l'exigibilité des droits, sans recherches ultérieures (Livre des procédures fiscales, art. L180). Dans les autres cas, et lorsque la succession n'a pas été déclarée, ce droit s'exerce jusqu'à la fin de la sixième année qui suit celle du décès (art. L186 ; service-public, fiche F418).

Les héritiers peuvent demander eux-mêmes le contrôle de la déclaration, ce qui ramène ce délai à un an sous conditions : la procédure est décrite dans le guide déclaration de succession.

Ce que cette page ne traite pas

Questions fréquentes

Combien de temps dure une succession ?

Aucun texte ne fixe de durée d'ensemble, et les sources officielles consultées ne publient pas de durée moyenne. La loi fixe des délais étape par étape. Le seul qui concerne la plupart des successions est celui de la déclaration de succession et du paiement des droits : six mois à compter du décès lorsqu'il a eu lieu en France métropolitaine, douze mois dans les autres cas (CGI art. 641). Le partage, lui, n'est soumis à aucun délai (Code civil art. 815).

Que se passe-t-il si la succession n'est pas réglée au bout de six mois ?

Les six mois sont le délai de dépôt de la déclaration de succession et de paiement des droits, non celui du règlement de la succession : le partage peut intervenir plus tard. Si la déclaration n'est pas déposée dans le délai, un intérêt de retard de 0,20 % par mois s'applique aux droits dus (CGI art. 1727) ; une majoration de 10 % s'y ajoute à partir du premier jour du septième mois suivant l'expiration du délai, soit le treizième mois après un décès en métropole (art. 1728). Une succession dispensée de déclaration n'a pas cette échéance.

Peut-on verser un acompte sur les droits de succession ?

Oui. L'administration admet le versement d'acomptes avant le dépôt de la déclaration. Les acomptes versés dans le délai sont déduits de la somme sur laquelle l'intérêt de retard est calculé (BOFiP, BOI-CF-INF-10-10-20, § 50), et ceux versés dans les douze mois du décès sont déduits pour le calcul de la majoration de 10 % (BOI-CF-INF-10-20-10, § 60). Un acompte ne remplace pas la déclaration, qui reste due.

Un héritier qui ne répond pas peut-il bloquer la succession ?

Pendant les quatre mois qui suivent le décès, personne ne peut le contraindre à choisir. Ensuite, un créancier de la succession, un cohéritier, un héritier de rang subséquent ou l'État peut le sommer de prendre parti ; il dispose alors de deux mois, que le juge peut prolonger, et il est réputé avoir accepté purement et simplement s'il ne répond pas (Code civil art. 771 et 772). Pour le partage, à défaut d'accord de tous, la demande se fait en justice (art. 840).

En combien de temps le capital d'une assurance-vie est-il versé ?

L'assureur dispose de quinze jours, après avoir reçu l'avis de décès et pris connaissance des coordonnées du bénéficiaire, pour lui demander les pièces nécessaires au paiement. À réception de ces pièces, il verse le capital dans un délai qui ne peut excéder un mois ; au-delà, le capital non versé produit de plein droit des intérêts (Code des assurances art. L132-23-1).

Y a-t-il un délai pour partager les biens d'une succession ?

Non. Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou par convention (Code civil art. 815). Tant que le partage n'est pas fait, les biens restent en indivision entre les héritiers.

Sources vérifiées le 07/10/2026. Textes consolidés lus sur Légifrance le 07/10/2026 : Code civil art. 730-1, 730-3, 771, 772, 780, 790, 792, 815, 835, 836, 840, 841-1, 842, 889 ; CGI art. 641, 1727, 1728 ; Livre des procédures fiscales art. L180, L186 ; Code des assurances art. L132-23-1 ; décret n° 55-22 du 4 janvier 1955, art. 29, 33. Recoupement sur service-public.gouv.fr : fiche F12697 (preuve de la qualité d'héritier, vérifiée le 01/01/2026) ; fiche F1295 (recours au notaire, vérifiée le 01/01/2026) ; fiche F1199 (option successorale, vérifiée le 03/04/2025) ; fiche F80 (déclaration de succession, vérifiée le 29/01/2025) ; fiche F36432 (paiement des droits, vérifiée le 24/07/2025) ; fiche F16194 (partage des biens, vérifiée le 20/01/2025) ; fiche F418 (contrôle de la déclaration, vérifiée le 26/06/2026). Bulletin officiel des finances publiques, lu le 07/10/2026 : BOI-CF-INF-10-10-20, § 50 et 60 ; BOI-CF-INF-10-20-10, § 20 et 60 ; BOI-ENR-DMTG-10-60-50, § 230. Points reposant sur le seul texte : les délais de l'attestation de propriété immobilière (décret de 1955 ; la fiche F1295 ne donne que l'obligation) ; les délais de versement du capital d'une assurance-vie (Code des assurances) ; la représentation de l'indivisaire inactif (Code civil art. 841-1) et le partage en présence d'un indivisaire absent ou protégé (art. 836). Point reposant sur une seule fiche : le délai de cinq ans pour demander l'annulation du partage (fiche F16194 ; l'article 887 ne le fixe pas). L'acompte repose sur l'article 1727 du CGI et sur la doctrine de l'administration ; aucune fiche de service-public.gouv.fr ne le décrit. Le seuil de 5 965 € est celui de 2026 ; il est revalorisé chaque année.

Rédigé et vérifié par Nathan Penin, éditeur de messuccessions.fr. Règles recoupées sur au moins deux sources officielles, sauf mention contraire (sources et méthodologie) · page mise à jour le 30/10/2026.