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Mes successions
Vérifié le 24/10/2026 · Mis à jour le 24/10/2026

Évaluer les biens pour la déclaration de succession

La déclaration de succession indique la valeur de chaque bien au jour du décès : les droits sont calculés sur ces valeurs. La loi pose un principe, la valeur vénale, et fixe des règles propres à certains biens. Cette page les décrit, bien par bien. Elle ne donne aucune estimation chiffrée d'un bien et ne remplace pas l'avis d'un notaire.

Quelle valeur, pour quel bien

BienValeur déclaréeTexte
Logement, terrain, immeubleValeur vénale réelle au jour du décès ; un bien dont le défunt avait l'usage s'évalue comme s'il était libreCGI art. 761
Résidence principale du défunt, occupée au décès par le conjoint, le partenaire de Pacs ou certains enfantsValeur vénale, diminuée d'un abattement de 20 %CGI art. 764 bis
Meubles du logementPrix d'une vente publique dans les deux ans, sinon inventaire dans les cinq ans, sinon estimation des héritiers, au moins 5 % des autres biens sauf preuve contraireCGI art. 764, I
Bijoux, objets d'art ou de collectionPas moins que l'évaluation d'un contrat d'assurance vol ou incendie de moins de dix ans, sauf preuve contraireCGI art. 764, II
Actions et obligations cotéesMoyenne des trente derniers cours précédant le décèsCGI art. 759
Titres non cotés, parts de SCI ou de SCPIValeur vénale, d'après l'ensemble des éléments de la sociétéBOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-10, § 160
Véhicule et autres biens meublesEstimation détaillée des héritiersCGI art. 758

Le principe : la valeur vénale au jour du décès

Les immeubles sont estimés d'après leur valeur vénale réelle à la date de la transmission, d'après la déclaration détaillée et estimative des héritiers (CGI art. 761). La doctrine administrative, qui reprend la jurisprudence de la Cour de cassation, la définit comme le prix qui pourrait être obtenu du bien par le jeu de l'offre et de la demande dans un marché réel, compte tenu de l'état dans lequel il se trouve (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-10, § 30 et § 90). Service-public.gouv.fr retient la même définition (service-public, fiche F14198).

Cette valeur est objective : elle se mesure du point de vue d'un acheteur quelconque, non de celui d'une personne déterminée. Seuls comptent les éléments réels d'appréciation, physiques, économiques ou juridiques, comme un bail en cours ; les circonstances propres à la situation des héritiers n'en font pas partie (même document, § 30).

Un logement ou un terrain

S'informer sur les prix

Une personne qui doit évaluer un bien immobilier pour la détermination des droits de succession peut obtenir, par voie électronique, les ventes de biens comparables, de type et de superficie similaires, intervenues dans un périmètre et une période qu'elle choisit : adresse et références cadastrales, superficie, type et caractéristiques du bien, date de la vente et valeur déclarée. Ces informations sont réservées à son usage personnel (livre des procédures fiscales art. L107 B). Ce service, « Rechercher des transactions immobilières », se trouve dans l'espace Finances publiques d'impots.gouv.fr. Service-public.gouv.fr indique aussi que l'on peut demander une estimation, par exemple à un agent immobilier (service-public, fiche F14198).

Le même article précise qu'une valeur fixée à partir de ces informations n'empêche pas l'administration de la rectifier.

L'abattement de 20 % sur la résidence principale

Un abattement de 20 % s'applique sur la valeur vénale réelle de l'immeuble qui constituait, au jour du décès, la résidence principale du défunt, lorsque cet immeuble est à la même date la résidence principale de son conjoint, de son partenaire de Pacs, ou d'un ou plusieurs enfants mineurs ou majeurs protégés du défunt, de son conjoint ou de son partenaire. Il s'applique aussi lorsque les enfants majeurs sont incapables de travailler dans des conditions normales de rentabilité en raison d'une infirmité (CGI art. 764 bis ; service-public, fiche F14198). Le simulateur de droits de succession l'applique lorsque la case correspondante est cochée.

Les meubles, les bijoux et les objets d'art

Pour les meubles, la loi fixe un ordre (CGI art. 764, I) :

  1. le prix d'une vente publique intervenue dans les deux années du décès ;
  2. à défaut, l'estimation d'un inventaire dressé dans les cinq années du décès, qui peut être établi par un commissaire de justice ou un autre officier habilité à faire des ventes volontaires ;
  3. à défaut, la déclaration détaillée et estimative des héritiers. Pour les meubles meublants, la valeur ne peut alors être inférieure à 5 % de l'ensemble des autres biens de la succession, sans que l'administration ait à justifier leur existence, la preuve contraire restant possible.

Les meubles meublants sont ceux qui servent à l'usage et à l'ornement du logement : lits, sièges, tables, électroménager (service-public, fiche F14198). Service-public.gouv.fr présente le forfait de 5 % comme la règle en l'absence d'inventaire notarié ; le texte réserve aussi la vente publique et la preuve d'une valeur inférieure.

Pour les bijoux, pierreries, objets d'art ou de collection, la valeur ne peut être inférieure à l'évaluation d'un contrat d'assurance contre le vol ou l'incendie en cours au jour du décès et conclu par le défunt, son conjoint ou ses auteurs moins de dix ans avant, sauf preuve contraire ; s'il existe plusieurs contrats, c'est la moyenne de leurs évaluations (CGI art. 764, II).

Les titres et les autres biens

Si un bien est sous-évalué

Les héritiers déclarent les valeurs sous leur responsabilité. L'administration peut rectifier une évaluation qui paraît inférieure à la valeur vénale réelle, par une procédure de rectification contradictoire, et c'est à elle d'apporter la preuve de l'insuffisance (livre des procédures fiscales art. L17). Les droits supplémentaires sont alors dus avec l'intérêt de retard ; une majoration de 40 % s'y ajoute en cas de manquement délibéré, de 80 % en cas de manœuvres frauduleuses (CGI art. 1729). Le délai dont dispose l'administration est décrit dans le guide combien de temps dure une succession.

La valeur déclarée sert aussi, plus tard, de prix d'acquisition si le bien est vendu : une valeur basse augmente la plus-value imposable à la revente (voir plus-value d'un bien hérité).

Ce que cette page ne traite pas

Questions fréquentes

Comment évaluer une maison dans une succession ?

À sa valeur vénale réelle au jour du décès : le prix qui pourrait en être obtenu par le jeu de l'offre et de la demande, compte tenu de son état (CGI art. 761). Une maison occupée par le défunt s'évalue comme si elle était libre. Les ventes de biens comparables se consultent dans le service « Rechercher des transactions immobilières » de l'espace Finances publiques (livre des procédures fiscales art. L107 B) ; service-public.gouv.fr mentionne aussi l'estimation d'un agent immobilier.

Le forfait mobilier de 5 % est-il obligatoire ?

Non. Les meubles meublants s'évaluent d'abord d'après le prix d'une vente publique faite dans les deux ans du décès, puis d'après un inventaire dressé dans les cinq ans. Le forfait de 5 % de l'ensemble des autres biens de la succession joue seulement à défaut, comme valeur minimale de la déclaration estimative, et les héritiers peuvent prouver une valeur inférieure (CGI art. 764).

L'indivision entre héritiers permet-elle de déclarer une valeur plus basse ?

Non. Selon la doctrine administrative, qui cite deux arrêts de la Cour de cassation de 2003 et 2007, l'état d'indivision dans lequel se trouvent les héritiers sur la pleine propriété d'un bien reçu par succession est sans incidence sur sa valeur vénale au jour de la transmission (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-10, § 30).

Quelle valeur retenir pour des actions cotées en bourse ?

Pour une succession, la moyenne des trente derniers cours qui précèdent le décès (CGI art. 759 ; BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-40, § 10). Les titres non cotés, dont les parts de SCI, s'évaluent à leur valeur vénale, d'après l'ensemble des éléments de la société.

Que risque-t-on si un bien est sous-évalué ?

L'administration peut rectifier une évaluation inférieure à la valeur vénale réelle, par une procédure contradictoire où elle doit prouver l'insuffisance (livre des procédures fiscales art. L17). Les droits supplémentaires sont alors dus avec l'intérêt de retard, et une majoration de 40 % s'applique en cas de manquement délibéré, de 80 % en cas de manœuvres frauduleuses (CGI art. 1729).

Sources vérifiées le 24/10/2026. Textes consolidés lus sur Légifrance le 24/10/2026 : Code général des impôts art. 758, 759, 761, 764, 764 bis, 1729 ; livre des procédures fiscales art. L17, L107 B. Doctrine lue le 24/10/2026 : BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-10 (version du 29/12/2017, § 30, 40, 90 et 160) et BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-40 (version du 02/05/2019, § 10). Recoupement sur service-public.gouv.fr, lu le 24/10/2026 : service-public, fiche F14198 (vérifiée le 09/02/2026). Divergences signalées : pour les meubles, la fiche F14198 présente le forfait de 5 % comme la règle à défaut d'inventaire notarié, alors que l'article 764 place d'abord la vente publique et réserve la preuve d'une valeur inférieure ; pour les bijoux, la fiche ne mentionne ni la limite de dix ans des contrats d'assurance ni la preuve contraire. Points reposant sur une seule source : la valeur argus des véhicules et l'estimation par un agent immobilier (fiche F14198) ; le nom et l'emplacement du service « Rechercher des transactions immobilières » (impots.gouv.fr, non relu ce jour, le site étant en maintenance), dont l'article L107 B fixe le contenu ; l'indifférence de l'indivision et de l'occupation en résidence secondaire (doctrine administrative et arrêts qu'elle cite).

Rédigé et vérifié par Nathan Penin, éditeur de messuccessions.fr. Règles recoupées sur au moins deux sources officielles, sauf mention contraire (sources et méthodologie) · page mise à jour le 24/10/2026.