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Vérifié le 16/09/2026

Faire un testament : formes, règles et limites

Un testament permet de désigner qui recevra tout ou partie de ses biens, dans les limites que la loi fixe pour protéger les enfants et, à défaut, le conjoint marié. Sa validité tient à peu de choses — une écriture, une date, une signature — et son efficacité à une autre : qu'il soit retrouvé. Ce guide décrit les formes possibles, ce qu'un testament peut et ne peut pas faire, et les démarches pour qu'il soit appliqué.

Les formes de testament

FormeCommentPoints d'attention
OlographeÉcrit en entier, daté et signé de la main du testateur (Code civil art. 970)Gratuit ; nul s'il est tapé à l'ordinateur ou écrit par un tiers ; risque de perte ou de contestation s'il n'est pas déposé
AuthentiqueDicté à un notaire en présence d'un second notaire ou de deux témoins, puis lu et signé (art. 971 à 975)Tarif réglementé ; conservé par le notaire ; difficile à contester ; forme requise pour certaines dispositions, comme la reconnaissance d'un enfant
MystiqueRemis clos et scellé à un notaire devant deux témoins (art. 976)Rarement utilisé en raison de son formalisme
InternationalForme prévue par la Convention de Washington de 1973, reçue par une personne habilitéeUtile lorsque des biens sont situés dans plusieurs pays

Deux personnes ne peuvent pas tester dans un même acte (art. 968) : un couple qui souhaite se protéger mutuellement rédige deux testaments distincts.

Qui peut faire un testament

Il faut être sain d'esprit au moment de la rédaction (art. 901). Un mineur de plus de seize ans non émancipé peut tester, mais seulement pour la moitié de ce dont un majeur pourrait disposer (art. 904). Un majeur sous tutelle doit obtenir l'autorisation du juge ou du conseil de famille ; un majeur en curatelle, sous sauvegarde de justice ou sous habilitation familiale peut tester seul (art. 470 et 476, tels que présentés par service-public.gouv.fr).

Ce qu'un testament peut faire, et ce qu'il ne peut pas faire

Un testament peut attribuer des biens à toute personne — conjoint, partenaire de PACS, concubin, ami, parent éloigné — ou à un organisme. Il peut désigner un légataire universel (vocation à recevoir tout le patrimoine), un légataire à titre universel (une quote-part, par exemple un tiers), ou des légataires particuliers (un bien précis ou une somme) (art. 1003, 1010 et 1014). Il peut aussi exprimer d'autres volontés : désigner un tuteur pour ses enfants mineurs, organiser le partage entre héritiers, nommer un exécuteur testamentaire.

Il ne peut pas priver les héritiers réservataires de leur réserve héréditaire : la moitié de la succession pour un enfant, les deux tiers pour deux, les trois quarts pour trois ou plus (art. 913) ; un quart pour le conjoint marié en l'absence d'enfant (art. 914-1). Seule la quotité disponible — le reste — se transmet librement. Un testament qui la dépasse n'est pas nul, mais les héritiers lésés peuvent demander la réduction des legs excessifs. Sans enfant ni conjoint marié, il n'y a pas de réserve : tout le patrimoine peut être légué. L'outil « qui hérite et à quelle part » affiche la réserve et la quotité disponible pour une famille donnée.

Au profit du conjoint marié, la loi autorise une quotité disponible plus large : la quotité ordinaire en pleine propriété, l'usufruit de la totalité, ou un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit (art. 1094-1). Le même résultat peut être obtenu par une donation entre époux, dite « au dernier vivant ».

Le testament olographe : un modèle commenté

La trame ci-dessous illustre la structure d'un testament olographe simple. Elle n'a de valeur qu'écrite entièrement à la main par le testateur : un texte imprimé puis signé est nul.

Testament

Je soussigné(e) [prénoms, nom], né(e) le [date] à [lieu], demeurant [adresse],
révoque toutes dispositions testamentaires antérieures.
Je lègue à [prénoms, nom, date de naissance, adresse] [la quotité disponible de ma succession / la somme de … euros / tel bien, désigné précisément].
[Autres dispositions éventuelles.]

Fait à [lieu], le [date complète : jour, mois, année].
[Signature]

Pour une situation qui n'est pas simple — famille recomposée, entreprise, biens à l'étranger, legs avec charges, bénéficiaire mineur ou vulnérable — la forme authentique et le conseil d'un notaire limitent les risques d'erreur.

Faire en sorte que le testament soit retrouvé

Un testament conservé chez soi peut être égaré, détruit ou ignoré. Le notaire qui reçoit un testament authentique, ou à qui l'on remet un testament olographe en dépôt, l'inscrit au fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV), tenu par l'Association pour le développement du service notarial. Le fichier ne contient pas le texte du testament, seulement l'existence de celui-ci et le nom de l'étude qui le conserve.

Au décès, le notaire chargé de la succession interroge ce fichier. Un particulier peut aussi le faire lui-même en ligne, sur justificatif du décès, moyennant 18 € TTC en France métropolitaine ; la réponse arrive en quelques semaines. L'absence d'inscription ne prouve pas l'absence de testament olographe conservé ailleurs.

Ce que coûte un testament

Le testament olographe est gratuit à rédiger. Selon service-public.gouv.fr, son dépôt chez un notaire (garde) et son ouverture au décès donnent chacun lieu à un émolument réglementé de 31,69 € TTC ; un testament authentique ou mystique est facturé 135,83 € TTC à la rédaction, sans frais d'ouverture ni de garde. S'y ajoutent des frais d'inscription au fichier central. Ces montants, fixés par le tarif des notaires, sont indiqués pour ordre de grandeur et peuvent avoir été revalorisés.

Modifier ou révoquer un testament

Un testament est révocable à tout moment jusqu'au décès (art. 895). La révocation peut résulter d'un nouveau testament qui l'annule expressément ou qui contient des dispositions incompatibles, d'un acte devant notaire déclarant le changement de volonté, ou de la destruction volontaire d'un testament olographe (art. 1035 à 1038). La vente par le testateur d'un bien légué révoque le legs de ce bien. Lorsque plusieurs testaments coexistent, les dispositions du plus récent l'emportent sur celles qui leur sont contraires.

Après le décès : ouverture, contestation, fiscalité

Le notaire chargé de la succession fait ouvrir le testament olographe et en dresse un procès-verbal. Lorsque le défunt ne laisse pas d'héritier réservataire, le légataire universel entre en possession des biens après un contrôle du notaire, et les héritiers disposent d'un délai pour s'y opposer (art. 1007 et 1008). Un testament peut être contesté devant le tribunal pour vice de forme, insanité d'esprit du testateur ou incapacité du bénéficiaire ; la loi prévoit aussi la révocation d'un legs pour inexécution de ses charges ou pour ingratitude du légataire.

Fiscalement, chaque légataire paie des droits de succession selon son lien de parenté avec le défunt : exonération pour le conjoint marié et le partenaire pacsé, barèmes de la ligne directe pour les enfants, 35 % à 45 % pour les frères et sœurs, 55 % pour les neveux, 60 % pour les personnes sans lien de parenté après un abattement de 1 594 €. Les associations et fondations reconnues d'utilité publique, et les organismes visés à l'article 795 du CGI, sont exonérées. Le simulateur de droits de succession et le barème 2026 détaillent ces montants.

Questions fréquentes

Un testament écrit sur papier libre, sans notaire, est-il valable ?

Oui, s'il est écrit en entier, daté et signé de la main de son auteur (Code civil art. 970). Il est en revanche nul s'il est tapé, imprimé ou écrit par une autre personne. Le déposer chez un notaire, qui l'inscrit au fichier central des dispositions de dernières volontés, permet qu'il soit retrouvé au décès.

Peut-on déshériter un enfant par testament ?

Non. Les enfants sont héritiers réservataires : ils ont droit ensemble à la moitié, aux deux tiers ou aux trois quarts de la succession selon qu'ils sont un, deux, trois ou plus (Code civil art. 913). Un testament ne peut disposer librement que de la quotité disponible ; un legs qui la dépasse peut être réduit à la demande des enfants.

Combien coûte un testament chez le notaire ?

Selon service-public.gouv.fr, un testament authentique est facturé 135,83 € TTC ; le dépôt d'un testament olographe coûte 31,69 € TTC, et son ouverture au décès le même montant. Des frais d'inscription au fichier central s'ajoutent. Le testament olographe conservé soi-même est gratuit.

Comment savoir si un proche décédé a laissé un testament ?

Le notaire chargé de la succession interroge le fichier central des dispositions de dernières volontés. Un particulier peut aussi l'interroger en ligne auprès de l'ADSN, avec un acte de décès, pour 18 € TTC en France métropolitaine. Le fichier indique si un testament a été enregistré et quelle étude le conserve.

Un couple peut-il rédiger un testament commun ?

Non : le testament conjonctif, rédigé par deux personnes dans le même acte, est interdit (Code civil art. 968). Chacun rédige le sien. Entre époux, une donation au dernier vivant permet aussi d'augmenter la part du survivant.

Peut-on léguer ses biens à une association sans droits de succession ?

Oui pour les associations et fondations reconnues d'utilité publique et les autres organismes visés à l'article 795 du CGI, qui sont exonérés. Le legs reste limité par la réserve des enfants ou du conjoint marié. D'autres organismes peuvent être taxés au taux de 60 % ; le statut exact de l'organisme se vérifie avant de rédiger.

Un testament rédigé il y a longtemps reste-t-il valable ?

Oui : un testament ne se périme pas. Il reste valable tant qu'il n'a pas été révoqué, expressément ou par un testament postérieur incompatible. Il est utile de le relire après un événement familial — mariage, naissance, divorce, décès d'un bénéficiaire — car il continue de s'appliquer tel qu'il est écrit.

Ce guide présente les règles générales du testament en droit français. Le modèle proposé est une trame d'illustration, qui ne tient pas compte de la situation familiale et patrimoniale de chacun. Pour vérifier la validité d'un testament, sa compatibilité avec la réserve héréditaire ou sa portée fiscale, un notaire est l'interlocuteur adapté.
Sources vérifiées le 16/09/2026 : service-public.gouv.fr, fiche F770 « Testament » (formes olographe, authentique et mystique, capacité, interdiction du testament conjoint, coûts réglementés depuis janvier 2021, fichier central, réserve et quotité disponible, révocation, délais de contestation ; vérifiée le 18/12/2024), fiches F1270 et F1632 (réserve héréditaire des enfants et du conjoint) ; cabinet Avocats Picovschi (quotité disponible ordinaire et spéciale entre époux, art. 913, 914-1, 1094-1) ; aide-sociale.fr, « Le FCDDV » (interrogation du fichier par un particulier, 18 € TTC ; mis à jour le 25/03/2025) ; msf.fr (trame commentée d'un testament olographe, art. 970 ; consulté le 15/09/2026). Articles 895, 901, 904, 968 à 976, 1003 à 1014 et 1035 à 1038 du Code civil et 795 du CGI cités tels que présentés par ces sources (textes consolidés non lus sur Légifrance). Barèmes fiscaux : logique-calculs.txt, sections 1, 2, 8 et 16.

Rédigé et vérifié par Nathan Penin, éditeur de messuccessions.fr. Règles et barèmes recoupés sur au moins deux sources officielles (sources et méthodologie) · page mise à jour le 16/09/2026.