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Vérifié le 16/09/2026

Droits de succession pour un neveu ou une nièce : abattement de 7 967 € et taux de 55 %

Un neveu ou une nièce peut hériter d'un oncle ou d'une tante de deux façons : de son propre chef, le plus souvent par testament, ou par représentation d'un parent décédé avant le défunt. Le montant des droits dépend directement de cette distinction : 7 967 € d'abattement et 55 % dans le premier cas, régime des frères et sœurs dans le second.

Dans quels cas un neveu ou une nièce hérite-t-il ?

Sans testament, un neveu n'hérite que par représentation : lorsque son père ou sa mère — frère ou sœur du défunt — est décédé avant lui, ou renonce à la succession, ses enfants prennent sa place et se partagent sa part (Code civil art. 752-2 et 754). Cela suppose que le défunt n'ait laissé ni enfant ni conjoint marié, situations dans lesquelles la fratrie et ses descendants sont exclus (art. 734 et 757-1).

Si le frère ou la sœur du défunt est vivant et accepte la succession, ses enfants ne reçoivent rien par la loi. Un oncle ou une tante peut en revanche désigner ses neveux par testament, ou de son vivant par donation ; ils héritent alors de leur propre chef, quel que soit le sort de leurs parents.

Le régime de droit commun : 7 967 € et 55 %

Un neveu ou une nièce qui hérite de son propre chef bénéficie d'un abattement de 7 967 € (CGI art. 779-V). Le surplus est taxé au taux unique de 55 %, celui des parents jusqu'au quatrième degré inclus (tableau III de l'art. 777). Ces montants sont identiques en donation, l'abattement se reconstituant tous les quinze ans (art. 784).

Pour 100 000 € reçus par testament, la part taxable est de 92 033 € et les droits de 50 618 € : il reste 49 382 € au neveu. Les petits-neveux et les enfants de cousins relèvent du même taux de 55 % s'ils sont parents jusqu'au quatrième degré, mais avec le seul abattement de 1 594 € de l'art. 788-IV.

Le régime de la représentation : celui des frères et sœurs

Lorsque le neveu vient à la succession par représentation de son père ou de sa mère, l'administration fiscale lui applique le régime de la personne représentée : l'abattement de 15 932 € des frères et sœurs, partagé entre les représentants d'une même souche, et le barème à 35 % jusqu'à 24 430 € puis 45 % (BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-80 § 330 et 390 ; réponse ministérielle AN n° 22247). Cette règle vaut aussi lorsque le parent représenté a renoncé à la succession.

Elle suppose qu'il existe au moins deux souches, c'est-à-dire que le parent prédécédé n'ait pas été l'unique frère ou sœur du défunt : dans ce dernier cas, la représentation n'a pas d'objet, les neveux héritent de leur propre chef et retombent sur l'abattement de 7 967 € et le taux de 55 %.

Situation du neveuAbattementTaux
Par testament, ou seule souche de la fratrie7 967 € chacun55 %
Par représentation d'un frère ou d'une sœur du défunt, au moins deux souches15 932 € partagés entre les enfants du même parent35 % jusqu'à 24 430 €, 45 % au-delà

Un exemple chiffré des deux régimes

Le défunt, sans enfant ni conjoint, laisse 300 000 € à une sœur vivante et aux deux enfants d'un frère décédé avant lui. La sœur reçoit la moitié, 150 000 €, et paie 57 888 € de droits. Chaque neveu reçoit un quart, 75 000 €, par représentation : avec un abattement de 7 966 € (la moitié de 15 932 €) et le barème des frères et sœurs, ses droits sont de 27 722 €. Si ces mêmes 75 000 € lui avaient été légués par testament, ou s'il avait été de la seule souche, il aurait relevé du régime ordinaire : 7 967 € d'abattement et 55 %, soit 36 868 € de droits.

Le simulateur de droits de succession distingue les deux cas : il applique la représentation lorsqu'il existe au moins deux souches, et signale lorsque les neveux héritent de leur propre chef.

Anticiper de son vivant : ce que la loi prévoit pour les neveux

Ces règles expliquent qu'un oncle ou une tante sans enfant s'interroge souvent sur la transmission à ses neveux. Le droit prévoit quelques dispositifs, décrits ici sans recommandation : le don familial de sommes d'argent de 31 865 € (CGI art. 790 G) est ouvert aux neveux et nièces lorsque le donateur n'a pas de descendance, à condition qu'il ait moins de 80 ans et que le bénéficiaire soit majeur ; l'abattement de 7 967 € se renouvelle tous les quinze ans ; les capitaux d'une assurance-vie alimentée avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, quel que soit le lien de parenté (art. 990 I). Le simulateur de droits de donation calcule les droits d'une donation à un neveu, avec ou sans don familial.

Questions fréquentes

Quel est l'abattement pour un neveu ou une nièce en 2026 ?

7 967 € (CGI art. 779-V), suivis d'un taux de 55 % sur le surplus. Lorsque le neveu vient par représentation d'un frère ou d'une sœur du défunt, et qu'il existe au moins deux souches, il bénéficie à la place de l'abattement de 15 932 € partagé avec ses frères et sœurs et du barème à 35 % puis 45 %.

Mon oncle n'a ni enfant ni frère vivant : vais-je hériter automatiquement ?

Si votre parent, frère ou sœur du défunt, est décédé et que d'autres frères ou sœurs du défunt sont vivants ou représentés, vous héritez de sa part par représentation. Si votre parent était le seul frère ou la seule sœur du défunt, vous héritez de votre propre chef, comme collatéral du troisième degré, mais avec le régime fiscal ordinaire des neveux (7 967 € et 55 %).

Un neveu paie-t-il des droits sur une assurance-vie ?

Les capitaux issus des primes versées avant les 70 ans de l'assuré suivent le régime de l'art. 990 I : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà, quel que soit le lien de parenté. Les primes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession selon le lien, après un abattement global de 30 500 € (art. 757 B).

Un oncle peut-il donner de l'argent à son neveu sans droits ?

Jusqu'à 31 865 € par le don familial de sommes d'argent (CGI art. 790 G), si le donateur a moins de 80 ans, n'a pas de descendance, et si le neveu est majeur ; ce don est exonéré et se cumule avec l'abattement de 7 967 €. Les deux se renouvellent tous les quinze ans.

Les petits-neveux ont-ils le même abattement ?

Non. L'abattement de 7 967 € est réservé aux neveux et nièces. Les petits-neveux, parents au quatrième degré, relèvent du taux de 55 % avec le seul abattement de 1 594 € (art. 788-IV), sauf s'ils viennent par représentation.

Le simulateur gère-t-il la représentation des neveux ?

Oui : en indiquant le nombre de frères et sœurs vivants, de frères et sœurs prédécédés et de neveux les représentant, il applique le régime des frères et sœurs par souche lorsqu'il existe au moins deux souches, et le régime ordinaire des neveux sinon, avec une note explicite.

Ce guide décrit les règles générales. La qualification exacte de la part d'un neveu (représentation ou propre chef), le nombre de souches et l'existence d'un testament sont établis par le notaire dans l'acte de notoriété ; le simulateur applique ces règles sur la base des informations saisies.
Sources vérifiées le 16/09/2026 : service-public.gouv.fr, fiche F14198 (abattement des neveux et nièces, taux de 55 % ; fiche vérifiée le 09/02/2026) ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-80 § 330 et 390 et réponse ministérielle AN n° 22247 (régime des neveux venant par représentation, condition des deux souches) ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-50-20 (abattements) ; Code civil art. 734, 752-2, 754 et 757-1 tels que présentés par service-public.gouv.fr et les études notariales consultées (textes consolidés non lus sur Légifrance) ; CGI art. 790 G et 990 I. Barèmes et formules dans logique-calculs.txt, sections 8, 13 et 15.

Rédigé et vérifié par Nathan Penin, éditeur de messuccessions.fr. Règles et barèmes recoupés sur au moins deux sources officielles (sources et méthodologie) · page mise à jour le 16/09/2026.